Ribéry, «c'est un régal»

Trop longtemps décevant en équipe de France, Franck Ribéry est métamorphosé depuis son but inscrit contre l'Islande lors du premier match de préparation. Contre la Suède, mardi soir, les Bleus compteront encore sur lui.
Le 1er juin dernier, dans le parking du stade Auguste-Delaune de Reims aménagé pour l'occasion en salle de presse, Laurent Blanc avait préféré rester prudent au moment d'évoquer la forme de Franck Ribéry. La veille, l'équipe de France avait remporté son deuxième match de préparation aux dépens de la Serbie (2-0), l'international français avait inscrit son deuxième but en Bleu depuis avril 2009 et l'idée que son entrée décisive contre l'Islande (3-2), quatre jours plus tôt, pouvait enfin constituer LE déclic relevait encore du domaine de l'espoir. «Il faut attendre un peu», disait alors le sélectionneur. Un but face à l'Estonie (4-0) et les deux premiers matches de l'Euro plus tard, le doute n'est plus permis : Ribéry est redevenu le Ribéry de 2006, capable de faire des différences et de tirer l'équipe de France vers le haut. Celui qui fait le bonheur du Bayern Munich.
«Je suis très content, ça se passe super bien, c'est à l'image de ma saison, a-t-il savouré après le succès contre l'Ukraine (2-0). Contre l'Angleterre, j'avais fait un bon match. Ce soir, j'ai fait un très grand match». Même s'il n'a pas marqué ni délivré aucune passe décisive, Ribéry a été omniprésent dans son couloir gauche : il a provoqué, accéléré - notamment sur l'ouverture du score de Ménez - sans rechigner à défendre. «C'est un régal, a apprécié Gaël Clichy. Il faut juste faire en sorte de ne pas louper les passes et de lui donner les ballons.» Elu homme du match, l'ancien Marseillais a également été crédité de la note de 8/10 par L'Equipe. La meilleure de la soirée. «A mon avis, il s'est libéré de la pression de bien faire qu'il avait à chaque fois qu'il revenait en sélection», juge Yohan Cabaye. «Les matches amicaux et les trois buts marqués m'ont donné beaucoup de confiance», confirme l'intéressé.
Cette confiance, c'est l'essence qui permet à Ribéry d'avancer. «C'est un affectif», souligne Laurent Blanc. Le sélectionneur l'a bien compris, au point de se montrer particulièrement patient avec lui. «Et pourtant, il y a deux ans, vous n'étiez pas beaucoup à me soutenir, aime-t-il à rappeler. Ce n'est pas le joueur qui a été chahuté. Si quelqu'un me dit que ce n'est pas un bon joueur, ou il n'a pas vu sa saison avec le Bayern ou il n'est pas un spécialiste». Alors qu'il redoutait l'état psychologique dans lequel il retrouverait l'ancien Messin après la finale de la Ligue des champions perdue contre Chelsea, le technicien est aujourd'hui rassuré. «Ça lui a peut-être donné envie de tout casser avec nous», conclut Cabaye. C'est le sens donné par ses dernières prestations. - Emery TAISNE, à Donetsk
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