Mise à jour : lundi 17 septembre 2012 10:18 | Par l’équipe, l’équipe

Gobert, un grand joueur



Il sera probablement le prochain Français à rejoindre la NBA en 2013. En attendant, le pivot Rudy Gobert doit s'affirmer à Cholet. Avec pour arme, outre sa taille (2,15 m), son amour du jeu.Rudy Gobert est un grand joueur. Ou plutôt, c'est pour le moment un joueur grand : 2,15 m et une envergure à l'avenant. Jean-François Martin, qui fut son coach jusqu'à peu au centre de formation de Cholet, rappelle qu'il «a hérité du morphotype de son papa», l'ancien pivot Rudy Bourgarel, 2,13 m de promesses déçues malgré 19 capes en 1988. Des espoirs, le fils en lève énormément. Les spécialistes le voient mieux placé dans la future Draft NBA, en juin 2013, qu'aucun autre Français auparavant (4e sur DraftExpress, 6e sur NBADraft). Lui-même croit à un top 10-15  avec décollage immédiat à la clé. «A moins de faire le con, pour moi, c'est encore un an en France, espère-t-il. Bien sûr, si je me blessais avant la Draft, je resterais un an de plus, mais j'essayerais d'aller ailleurs en Europe.»Cet empressement peut inquiéter. Les grands gabarits français partis tôt découvrir les bancs de la NBA jusqu'à y végéter sont nombreux. Ajinca, Moïso, Petro et Mahinmi un temps : des contre-exemples que balaye l'ambitieux d'un revers de phrase, mais qui sous-tendent le discours de Jean-François Martin : «On peut être un joueur NBA sans jamais percer. Moi je souhaite à Rudy de faire carrière. Il faut être patient.» Et le formateur de rappeler qu'à ce jour, Gobert reste un work-in-progress. Même son point fort, le contre (n°1 de l'Euro espoirs, 3,9/match), n'en est pas totalement un. «Il a tendance à s'appuyer un peu trop là-dessus, à laisser son adversaire recevoir la balle pour mieux le contrer», note Martin.Au moins le jeune pivot en est-il conscient : «Des fois, je me fie trop au contre. Mais j'aime bien ce que ça dégage. Comme le dunk, ça montre une certaine domination sur l'adversaire et donne confiance.» Lucidité et hédonisme, deux traits qui encadrent la personnalité du garçon. «Il est attachant, parfois blagueur et coquin, décrit Jean-François Martin. C'est aussi un bon élève, qui a eu son bac S. Mais il peut avoir une certaine naïveté, il a besoin de vécu.» De vécu tout court et de vécu basket. Car si ce fut son premier sport, il allait s'entraîner «en jouant à Pokemon sur (sa) Game Boy» et a vite arrêté, tâtant de la boxe, du karaté, de l'athlétisme, du ping-pong... avant d'y revenir à onze ans. «Là, j'ai aimé et en deuxième année, j'étais déjà en sélection départementale», rappelle-t-il.«Au pôle (espoirs) à Saint-Quentin, le CTF (conseiller technique fédéral) savait que Rudy allait évoluer physiquement car il connaissait son papa, détaille M. Martin. Il a eu la bonne intuition de développer son habileté avec le ballon avant qu'il ne se concentre sur le jeu intérieur. Il le faisait jouer arrière-ailier, il tirait à trois points.» «Puis quand je suis arrivé à Cholet, à 15 ans, je jouais ailier. Je suis passé pivot à 17 ans, quand je faisais 2,11 m», ajoute Gobert. Si aujourd'hui, son jeu spécifique d'intérieur reste par conséquent assez court, le pivot n°1 de l'Euro espoirs, qui a colmaté les brèches cet été en équipe de France (4 sélections), peut profiter à terme de cette formation ouverte, qui a respecté une caractéristique majeure chez lui : c'est un grand joueur. Entendre : Gobert adore le jeu.

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Gobert, un grand joueurl’équipel’équipe2012-09-17T00:00:002012-09-17T08:18:00Il sera probablement le prochain Français à rejoindre la NBA en 2013. En attendant, le pivot Rudy Gobert doit s'affirmer à Cholet. Avec pour arme, outre sa taille (2,15 m), son amour du jeu.Rudy Gobert est un grand joueur. Ou plutôt, c'est pour le moment un joueur grand : 2,15 m et une envergure à l'avenant. Jean-François Martin, qui fut son coach jusqu'à peu au centre de formation de Cholet, rappelle qu'il «a hérité du morphotype de son papa», l'ancien pivot Rudy Bourgarel, 2,13 m de promesses déçues malgré 19 capes en 1988. Des espoirs, le fils en lève énormément. Les spécialistes le voient mieux placé dans la future Draft NBA, en juin 2013, qu'aucun autre Français auparavant (4e sur DraftExpress, 6e sur NBADraft). Lui-même croit à un top 10-15  avec décollage immédiat à la clé. «A moins de faire le con, pour moi, c'est encore un an en France, espère-t-il. Bien sûr, si je me blessais avant la Draft, je resterais un an de plus, mais j'essayerais d'aller ailleurs en Europe.»Cet empressement peut inquiéter. Les grands gabarits français partis tôt découvrir les bancs de la NBA jusqu'à y végéter sont nombreux. Ajinca, Moïso, Petro et Mahinmi un temps : des contre-exemples que balaye l'ambitieux d'un revers de phrase, mais qui sous-tendent le discours de Jean-François Martin : «On peut être un joueur NBA sans jamais percer. Moi je souhaite à Rudy de faire carrière. Il faut être patient.» Et le formateur de rappeler qu'à ce jour, Gobert reste un work-in-progress. Même son point fort, le contre (n°1 de l'Euro espoirs, 3,9/match), n'en est pas totalement un. «Il a tendance à s'appuyer un peu trop là-dessus, à laisser son adversaire recevoir la balle pour mieux le contrer», note Martin.Au moins le jeune pivot en est-il conscient : «Des fois, je me fie trop au contre. Mais j'aime bien ce que ça dégage. Comme le dunk, ça montre une certaine domination sur l'adversaire et donne confiance.» Lucidité et hédonisme, deux traits qui encadrent la personnalité du garçon. «Il est attachant, parfois blagueur et coquin, décrit Jean-François Martin. C'est aussi un bon élève, qui a eu son bac S. Mais il peut avoir une certaine naïveté, il a besoin de vécu.» De vécu tout court et de vécu basket. Car si ce fut son premier sport, il allait s'entraîner «en jouant à Pokemon sur (sa) Game Boy» et a vite arrêté, tâtant de la boxe, du karaté, de l'athlétisme, du ping-pong... avant d'y revenir à onze ans. «Là, j'ai aimé et en deuxième année, j'étais déjà en sélection départementale», rappelle-t-il.«Au pôle (espoirs) à Saint-Quentin, le CTF (conseiller technique fédéral) savait que Rudy allait évoluer physiquement car il connaissait son papa, détaille M. Martin. Il a eu la bonne intuition de développer son habileté avec le ballon avant qu'il ne se concentre sur le jeu intérieur. Il le faisait jouer arrière-ailier, il tirait à trois points.» «Puis quand je suis arrivé à Cholet, à 15 ans, je jouais ailier. Je suis passé pivot à 17 ans, quand je faisais 2,11 m», ajoute Gobert. Si aujourd'hui, son jeu spécifique d'intérieur reste par conséquent assez court, le pivot n°1 de l'Euro espoirs, qui a colmaté les brèches cet été en équipe de France (4 sélections), peut profiter à terme de cette formation ouverte, qui a respecté une caractéristique majeure chez lui : c'est un grand joueur. Entendre : Gobert adore le jeu.