Giovinco, acte III

Giovinco, acte III
Parti à Parme à l'été 2010 pour trouver du temps de jeu, Giovinco est revenu à Turin cet été, après deux saisons pleines. Avec l'ambition de s'imposer enfin dans son club formateur, qui rend visite au Genoa (15h00).
L'histoire d'amour entre Giovinco et la Juventus Turin n'a rien d'un long fleuve tranquille. Supporter depuis toujours des Bianconeri, avec lesquels il a fait ses gammes dans toutes catégories de jeunes, la "Fourmi atomique" a mis longtemps à s'imposer en équipe première. Jusqu'à cet été, et son retour par la grande porte. Lancé dans le grand bain de la Serie B par un certain Didier Deschamps, le 12 mai 2007 (avec une passe décisive pour Trezeguet à la clef), c'est avec Empoli que le jeune meneur de jeu (19 ans à l'époque) a découvert la Serie A. Toujours considéré comme un second choix à son retour de prêt, il a explosé à Parme, inscrivant 22 buts en 64 matches de championnat. Suffisant pour convaincre la Vieille Dame de débourser 11 millions d'euros afin de racheter la moitié des parts du joueur, cédées deux ans plus tôt pour 4 millions seulement.
S'il est donc de retour dans "son" club, le vice-champion d'Europe 2012 a abandonné l'étiquette d'éternelle promesse pour endosser le costume de taulier. Titulaire lors des deux premiers matches de la Juventus, il a fait forte impression lors de la victoire face à l'Udinese (4-1), provoquant un penalty avant d'inscrire un doublé. Il a vite été adoubé par ses nouveaux coéquipiers, dont plusieurs ont vécu à ses côtés l'aventure de l'Euro 2012. «Je pense qu'il veut montrer à tout le monde qu'il est un joueur de calibre international, qui peut faire la différence et qui est capable d'être décisif dans les matches importants, a décrypté Gianluigi Buffon après le retentissant retour du prodige d'1m64. Je crois que ses deux saisons à Parme lui ont permis de prendre conscience de ses qualités et de montrer à ses détracteurs que, malgré sa taille, vue comme un handicap par certains, il a une classe immense. C'est ce qu'il a montré depuis le début de la saison.»
Les Bianconeri auront bien besoin du talent de leur "nouvelle" arme pour venir à bout du Genoa, qui a battu Cagliari en ouverture (2-0) avant de chuter à Catane, il y a deux semaines (3-2). Meneur certes (quoiqu'il joue sur un côté ou aux avant-postes lorsque Andrea Pirlo est à la baguette), mais pas numéro 10. Les dirigeants turinois ont en effet décidé de retirer du circuit le maillot qu'Alessandro Del Piero a abandonné cet été. Mirko Vucinic n'a pourtant pas hésité à comparer son jeune coéquipier à l'idole du Stadio delle Alpi. Barzagli non plus, lui qui regrette que Giovinco ne puisse porter le numéro de son glorieux aîné. Mais que ce soit avec le 10 ou le 12 sur les épaules, le natif de Turin espère enfin devenir prophète en son pays.
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