Le roi Lacourt est nu

Patron du 100m dos depuis deux ans, Camille Lacourt a manqué sa course et terminé au pied du podium de l'épreuve, remportée par Matthew Grevers.
En juillet dernier, la France comptait deux champions du monde du 100m dos. Un an après, elle ne figure même pas sur le podium de l'épreuve aux JO. Jérémy Stravius avait échoué lors des sélections et Camille Lacourt, présenté comme le favori il y a encore un mois, a manqué la course la plus importante de sa carrière, à 27 ans. Le Marseillais ne s'est classé que 4e en 53''08, à près d'une seconde de son record personnel (52''11), qui date déjà d'août 2010. Lacourt peut d'autant plus s'en vouloir que nager dans le même temps qu'aux Championnats de France (52''75) lui aurait permis de s'offrir l'argent, devant l'Américain Nick Thoman (52''92) et le Japonais Ryosuke Irie (52''97). Seul Matthew Grevers, deuxième il y a quatre ans, était intouchable (52''16).«Il me manque 10 mètres dans cette course, je coince, regrette Lacourt, qui était passé en tête aux 50m (en 25''31). Je tente quelque chose au départ. Si je pars derrière les autres et que je finis derrière, il n'y a rien à espérer. Je suis forcément très déçu, j'avais travaillé très dur cette année mais ça ne se met pas en place en compète. Mon seul regret, c'est qu'on n'arrive pas à trouver le petit truc qui fait que je pourrais nager 52''1 simplement, comme il y a quelques années.»
Ces derniers mois, les résultats de Lacourt avaient laissé entrevoir une faille dans la cuirasse. Il n'était pas pleinement satisfait de son chrono à Dunkerque, et il n'avait pas non plus réussi à accélérer la veille, lors de sa demi-finale olympique (53''03). «Il y a de la frustration, ajoute le champion du monde, sourire en berne mais digne dans la défaite. Je vais essayer de me relever pour être dans le 4x100m 4 nages et y faire une belle course.» Au moins en séries, puisque ce relais, déjà affaibli par le la brasse et le papillon, comptait sur un Lacourt à son meilleur niveau en dos pour atteindre au moins la finale. L'échec de Lacourt constitue le premier couac londonien pour la natation française, qui baignait jusque-là dans une euphorie légèrement artificielle car limitée aux Niçois. Ce sont en effet les nageurs de Fabrice Pellerin qui ont enlevé les deux titres individuels (par Yannick Agnel et Camille Muffat) et constitué la moitié du relais 4x100m aligné en finale (Agnel et Clément Lefert).
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En tant qu'ancien journaliste du sport, s'il est un terme journalistique horripilant, c'est bien celui-ci : "il termine au pied du podium". Aucun, je dis bien aucun journaliste n'a réalisé et n'a conclu que la finale réunit les 8 (huit) meilleurs nageurs mondiaux (ceux qui ont franchi les éliminatoires et les demi-finales), donc que finir "seulement" quatrième, c'est être le quatrième meilleur nageur mondial. On peut le dire autant de Camille Lacourt que de Coralie Balmy (5e de sa finale). Au lieu de les stigmatiser, il serait-il plus juste de féliciter les champions français d'être parvenus jusque là.
Par ailleurs, j'entends dire que tel sportif battu à Londres est "dépossédé de sa couronne". A chaque olympiade, les compétiteurs remportent un titre individuel qu'ils conservent toute leur vie, ils ne rendent pas leur médaille si à l'olympiade suivante ils sont battus ! En revanche ils peuvent être dépossédés du record olympique qu'ils avaient précédemment établi.








