Des personnes manifestent à Paris le 16 septembre 2011 pour demander la clémence à l'égard de Troy Davis, condamné à la peine de mort.

L'exécution de Troy Davis, symbole international de la lutte contre la peine de mort, a été programmée par injection létale mercredi à la prison de Jackson, malgré les doutes sur sa culpabilité. Le comité des grâces de Géorgie est appelé lundi à commuer ou non la peine capitale de Davis en prison à vie.

Une pétition réunissant plus de 663.000 signatures réclamant la grâce de Davis lui a été remise jeudi, selon ses soutiens.

"Il y a trop de doutes dans cette affaire, nous espérons qu'ils entendront le message: est-on sûr que nous n'allons pas exécuter un innocent?", a déclaré Laura Moye, directrice de la campagne pour l'abolition de la peine de mort à Amnesty international.

Elle a précisé que les rassemblements pour Troy Davis avaient commencé tôt vendredi à Hong Kong et devaient se poursuivre toute la journée aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Europe et notamment en France où une dizaine de manifestations sont prévues.

A Paris, environ 150 manifestants, dont une grande majorité vêtue de tee-shirts arborant le portrait de Troy Davis, se sont réunis à l'appel de plusieurs organisations, a constaté l'AFP.

Aux Etats-Unis, treize rassemblements étaient organisés en fin d'après-midi aux quatre coins du pays.

A Chicago, devant le siège de campagne de Barack Obama, environ 200 personnes se sont rassemblées, scandant "Libérez Troy Davis!".

Dans la capitale fédérale Washington, une centaine de personnes ont manifesté habillés de tee-shirts bleus "Justice pour Troy Davis" et portant des pancartes "Fin de l'Etat meurtrier", "La peine de mort doit cesser", ou "Le couloir de la mort de Georgie est raciste".

Une manifestation a également eu lieu à Atlanta, à moins d'une heure de route de la prison où est détenu Davis. Elle a été suivie d'une prière dans l'église baptiste au centre du mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King dans les années 60.

"Il y a une grosse mobilisation, la plus grosse que j'ai jamais vue dans l'histoire récente", a déclaré à l'AFP dans un entretien téléphonique Tanya Greene, en charge de la peine de mort à l'organisation américaine de défense des droits de l'homme (Aclu).

Agé de 42 ans dont 20 passés dans le couloir de la mort en Géorgie, Troy Davis est présenté par de nombreuses personnalités comme le prototype du Noir innocent, condamné à mort pour le meurtre d'un policier blanc en 1989. Il a été soutenu par des personnalités comme Jimmy Carter, le Pape Benoît XVI ou l'actrice Susan Sarandon. La France a exprimé vendredi sa "préoccupation".

Neuf témoins ont désigné à l'époque Troy Davis comme l'auteur du coup de feu mais l'arme du crime n'a jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n'a été relevée. Depuis, sept témoins sont revenus sur leurs déclarations, dont certains ont désigné un autre tireur.

La Cour suprême avait offert à Troy Davis la possibilité exceptionnelle, en août 2009, de bénéficier d'une nouvelle audience. Plusieurs témoins avaient raconté, sans convaincre le juge fédéral, comment la police les avait persuadés à l'époque de désigner le jeune Noir.