Le roi d'Espagne Juan Carlos prononce son traditionnel discours de Noël au palais de la Zarzuela à Madrid, le 24 décembre 2011

"Nous traversons depuis un certain nombre d'années une grave crise économique et financière" a reconnu le monarque, 73 ans, dans son message traditionnel de Noël, diffusé par les chaînes de télévision.

"Je sais, nous savons tous, que le chemin du rétablissement ne sera ni court ni facile et qu'il exigera des sacrifices" a poursuivi le roi qui a posé comme "priorité absolue" la lutte contre le chômage (21,52%) qui touche près de cinq millions de personnes et qu'il a qualifié de "moralement inadmissible".

Pour y parvenir, j'appelle les responsables politiques et économiques à "travailler en redoublant d'efforts et non en les minimisant, en resserrant l'étau et non en le relâchant, en recherchant l'accord et non le repoussant", a-t-il souligné.

Alors qu'au cours des derniers mois la famille royale s'est trouvée mêlée à un scandale de corruption impliquant directement son beau-fils, Inaki Urdangarin, le monarque a reconnu qu'il s'inquiétait de la perte de "crédibilité et de prestige" des institutions espagnoles.

"Nous avons tous, et plus particulièrement ceux d'entre nous qui ont des responsabilités publiques, le devoir d'observer une conduite adéquate", a-t-il affirmé, dénonçant "les comportements irréguliers qui ne sont conformes ni à la loi ni à l'éthique".

M. Urdangarin fait l'objet d'une enquête pour corruption présumée en liaison avec une fondation qu'il a présidée. Selon la presse espagnole, il pourrait être inculpé prochainement et le Palais a décidé récemment de l'écarter de toute manifestation officielle.

"N'importe quelle activité condamnable devra être jugée et sanctionnée conformément à la loi", a insisté le roi qui a rappelé que "la justice était la même pour tous".

Le souverain a également exprimé son soutien aux victimes de l'organisation indépendantiste armée basque ETA qui a annoncé en octobre qu'elle mettait un terme à son activité armée après 40 ans jalonnés d'attentats qui ont fait 829 morts.

"Le temps est venu que les terroristes rendent leurs armes assassines et disparaissent pour toujours de nos vies", a-t-il conclu.