Des pompiers à proximité du tramway qui a déraillé, à Santa Teresa, le 27 août 2011 à Rio de Janeiro

"La principale hypothèse sur la cause de l'accident (samedi) est un problème de freins", a déclaré l'ingénieur Luiz Antonio Consenza, responsable de la commission sur les accidents (Crea) qui a suivi l'enquête faite par des experts dimanche.

"La surcharge a constitué un facteur aggravant dans l'accident survenu. Nous avons constaté qu'une plaquette de frein était abîmée et qu'il y avait un bout de fil de fer à un endroit où il y aurait dû y avoir une vis. Ce fil de fer n'a pas fait dérailler le tram, mais cela montre toute la négligence dans l'entretien", a-t-il souligné.

Le premier "bondinho" électrique de Santa Teresa a été mis en service en 1896 et aujourd'hui seuls cinq d'entre eux circulent encore dans les rues sinueuses et escarpées de ce quartier pittoresque. Ces tramways jaunes sont le moyen de transport le meilleur marché. En juillet, ils ont transporté 3.000 personnes par jour en moyenne, un record.

Le véhicule accidenté avait une capacité 44 passagers, mais en transportait 62, dont beaucoup sur les marchepieds extérieurs. Il a déraillé dans un virage de la rue Joaquim Murtinho, s'est couché sur la voie et a été entièrement détruit.

"J'ai vu que le conducteur remuait les commandes dans tous les sens (...) J'ai lu la panique sur son visage", a raconté au quotidien Folha de Sao Paulo l'ingénieur Hugo Mello, 43 ans, qui a perdu sa femme dans l'accident.

Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, engagé dans une course contre la montre pour pacifier les favelas situées dans les quartiers touristiques et à proximité des stades en vue des compétitions sportives internationales de 2014 et 2016, a "suspendu le transport en tramway pour une durée indéterminée". Il a indiqué que le Secrétariat aux transports "mettrait sur pied un plan de modernisation de ces tramways".

"Cet accident est une tragédie pour le tourisme dans la ville", avait déploré dès samedi soir le secrétaire aux transports de Rio, Julio Lopes.

Cinq personnes, dont le conducteur, ont péri sur le coup et 57 autres -dont trois Français, une Portugaise et un Britannique- ont été blessées.

Dès dimanche, la plupart des blessés, dont tous les étrangers, avaient quitté l'hôpital, a déclaré le secrétariat municipal à la Santé.

Lundi, seuls dix des blessés, dont un enfant de trois ans, étaient toujours hospitalisés dans un état grave, selon la même source.

Le responsable de l'entretien des tramways, Sebastiao Rodriguez, a affirmé que les "bondinhos" étaient inspectés toutes les semaines, mais les employés ont assuré à la presse qu'"aucune pièce neuve n'est achetée", et qu'on se contente toujours de réparer les éléments défectueux.

Le rapport d'expertise sur l'accident sera prêt d'ici à 30 jours.

La présidente de l'Association des habitants de Santa Teresa, Elzbieta Mitkiewicz, a qualifié l'accident -le pire de l'histoire du "bondinho"- de "tragédie annoncée" et a pointé du doigt la modernisation trop lente des tramways, entamée en 2006.

Le 24 juin dernier, un touriste français, Charles Pierson, s'était tué en tombant de l'un de ces tramways. En train de prendre une photo au moment où le véhicule passait sur le pont Arcos da Lapa, il avait perdu l'équilibre et fait une chute de 15 mètres. La grille de protection du pont, en mauvais état, avait cédé.