Voiture de police

"C'est triste !", répète un retraité qui connaissait bien les victimes qui habitaient à quelques dizaines de mètres de chez lui, dans ce quartier de pavillons modestes.

Vendredi, les corps ont été retrouvés par des secouristes intervenus en début de soirée à la demande de la famille, inquiète. Les deux retraités, tués de plusieurs coups de couteau, étaient ligotés avec du fil de fer.

"Ils s'étaient rencontrés à l'Inra (Institut national de la recherche agronomique). Lui était un vieux garçon, un jardinier. Elle avait une fille d'une précédente union et était originaire de Bretagne où elle avait été la première personne employée dans un magasin Leclerc", confie le riverain. Selon ce dernier, son ancien voisin "commençait à perdre un peu la tête".

"Il était trop généreux, ouvrait sa porte à n'importe qui. Il avait par exemple donné 1.900 euros pour des travaux qui ont duré une heure. Des escrocs lui avaient proposé de refaire son toit pour 4.500 euros !", se souvient le retraité.

Ce dernier dénonce un manque de sécurité dans le quartier et de policiers à Maurepas, près de Trappes.

Des propos tempérés par une autre habitante également sous le choc.

"C'est calme. Il y a bien eu quelques cambriolages il y a quelques années mais c'est tout. Il y a un coin +chaud+ qui se trouve derrière la ligne de chemin de fer", explique Marie-Astrid, qui vit avec sa fille et ses petites-filles.

Depuis le drame, cette dernière est sur ses gardes. "Maintenant on fait attention, on ferme les portes et on croise les doigts pour qu'ils élucident cette affaire", poursuit la riveraine.

Pour une autre habitante, l'émotion a fait place à la peur.

"J'ai été prévenue par mon fils. Quand je suis sortie, j'ai vu un attroupement dans la rue et j'ai compris. C'est aberrant ! Des gens simples, braves comme eux, c'est ce qui nous fait peur. C'est la première fois qu'on voit une horreur pareille dans le quartier", confie la mère de famille qui a choisi de passer le dimanche après-midi avec des amis.

L'un d'entre eux trouve "le mode opératoire bizarre". "C'est peut-être un cambriolage qui a mal tourné", avance l'homme domicilié à Elancourt (Yvelines).

Aucune effraction n'a été constatée dans ce logement qui a en revanche été complètement fouillé.

Selon une source judiciaire, les deux victimes, âgées de 72 et 74 ans, vivaient avec une petite retraite.

"C'est incompréhensible de s'acharner sur des gens modestes et sans histoire pour de l'argent", avait déploré cette source, notant "qu'un tel déchaînement de violence était inhabituel dans ce type d'affaires où les victimes sont ligotées".

L'enquête devra déterminer si le couple a été torturé et si le vol est bien le mobile de ce double homicide.

Le parquet de Versailles a ordonné une autopsie des corps, dans le cadre d'une enquête confiée à la police judiciaire de Versailles.