Des bénévoles de l'Ordre de Malte discutent avec un sans-abri à Paris, le 14 décembre 2011

Selon ce rapport annuel, rendu public par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui pilote l'Observatoire national du 115, "le constat est partout le même : un grand nombre de réponses négatives aux demandes d'hébergement", avec "plus de 40% et jusqu'à 65% des demandes (qui) ne donnaient pas lieu à l'attribution d'une place d'hébergement".

"Malgré l'augmentation du nombre de places, (+58% entre 2004 et 2010), la capacité d'accueil du dispositif d'hébergement ne parvient pas à suivre la progression des besoins ((+75% entre 2001 et 2010)", note le rapport.

En 2010, "plus d'1,2 million d'appels ont été décrochés par les écoutants du 115" sur un échantillon de 20 départements (représentant plus de 55% de l'activité nationale du 115). Parmi ces appels, 95% concernent des demandes d'hébergement, le reste des demandes d'information.

Les demandes ont concerné en 2010 pour moitié des familles (75% à Paris). Si elles se voient attribuer en moyenne trois fois plus de nuitées que les hommes seuls, 37% d'entre elles ont été systématiquement hébergées en 2010 et 31% ne l'ont jamais été.

Les jeunes de 18 à 25 ans représentent également 20% des personnes ayant sollicité le 115. 85% de leurs demandes d'hébergements ont été satisfaites en 2010.

"L'absence de places disponibles est le principal motif de non attribution". Sur les 20 départements étudiés pour 2010, cela concernait "43% des demandes d'hébergements n'ayant pas donné lieu à un hébergement".

Le rapport constate également "une forte variation saisonnière des attributions de place". Ainsi, "en période de grand froid, les non-attributions baissent avec le renforcement temporaire des dispositifs d'hébergement", mais "la tendance repart à la hausse à partir du mois d'avril" et de la reprise des expulsions après la fin de la trêve hivernale.

En moyenne, en 2010, parmi les nuitées attribuées aux personnes sans abri (hors Paris), 53% ont été attribuées dans un centre d'hébergement d'urgence, 40% en hôtel, et 7% dans d'autres structures (hébergement de stabilisation, maison relais, ...).

Le nombre moyen de nuitées attribuées par le 115 est de 20, mais 55% des demandes n'ont donné lieu qu'à une seule nuit.

"Non seulement les associations sont en difficulté pour assurer l'accueil inconditionnel des personnes à la rue", mais "le système démontre son incapacité à sortir les personnes de l'urgence pour les accompagner vers le logement", conclut le rapport, rappelant que "deux tiers des personnes qui ont sollicité le 115 en 2010, étaient déjà connues du dispositif d'urgence".

Jeudi, la Cour des comptes a publié un rapport dénonçant les insuffisances et incohérences de la nouvelle politique lancée en 2009 pour l'hébergement des sans-abri, dont la population est passé en dix ans de 85.000 à 150.000 personnes.