Mise à jour : mardi 18 septembre 2012 16:43 | Par AFP

Plus de dix ans après les "tournantes", l'"attente de justice" des victimes

Deux jeunes femmes font face depuis mardi, devant les Assises des mineurs du Val-de-Marne, à quatorze hommes qu'elles accusent de les avoir régulièrement violées en groupe dans des cités de Fontenay-sous-Bois quand elles avaient 15 et 16 ans, entre 1999 et 2001.


Vue prise le 18 juin 2006 de la cité des Larris de Fontenay-sous-Bois, où ont eu lieu des "tournantes" présumées entre 1999 et 2001

Les accusés nient, expliquant pour la plupart durant l'enquête que les plaignantes étaient consentantes. "On est innocent", murmure l'un d'eux à la pause de midi, visage dissimulé derrière un gilet en laine en sortant de la salle d'audience où les débats se tiennent à huis-clos.

A l'exception d'un, détenu dans l'enquête sur le meurtre de sa compagne, ces désormais trentenaires comparaissent libres. Ils sont aujourd'hui dirigeants de petites entreprises, ambulancier, intérimaire, chauffeur-livreur, ou encore producteur de rap. Un quinzième est en fuite, vraisemblablement au Chili d'où il est originaire. Ils sont arrivés séparément au tribunal, se dissimulant.

Aujourd'hui âgées de 29 ans, les jeunes femmes abordent le procès avec "une attente de justice, pas un désir de vengeance", a souligné à l'AFP leur avocate, Me Clotilde Lepetit. Si elles ont tardé à porter plainte, c'est par peur de briser la loi du silence, selon elle.

Accompagnées par leurs mères, elles sont restées stoïques sur le banc des parties civiles en début d'audience, avant que le huis-clos ne soit ordonné la plupart des protagonistes étant mineurs au moment des faits.

Nina a expliqué qu'elle avait 16 ans quand elle est violée une première fois au dernier étage d'une tour de la cité de la Redoute, par un garçon à peine plus âgé qu'elle, dans un maelström de rires, de violences et de menaces proférées par un groupe d'adolescents spectateurs.

"Représailles"

Elle déclarera aux enquêteurs avoir dès lors subi "quotidiennement" des actes similaires des mêmes individus, dans des caves, parkings, appartements...

Elle se tait pourtant malgré l'inquiétude de sa mère. Jusqu'en 2005, quand elle croise un de ses violeurs présumés dans la rue. M.D., le seul détenu, la tabasse pour un regard de travers. Nina raconte alors tout aux policiers.

Elle raconte les viols quelques années auparavant, des actes de barbarie comme une brûlure de cigarette sur la poitrine. Elle explique n'avoir jamais porté plainte "par peur de représailles".

Au fil des investigations, les policiers mettent au jour les agissements passés d'une vingtaine d'adolescents, et découvrent surtout une autre victime présumée.

Avocat de deux accusés, Me Amar Bouaou prévient que ses clients sont "déterminés à montrer leur innocence". Mais au fil des audiences, ils pourraient bien, comme pendant l'enquête, ne pas présenter un front uni et tenter de se rejeter la faute les uns sur les autres.

Pour Me Philippe Gény-Santoni, qui en défend deux autres, les jeunes femmes accusent "toute une classe d'âge": "La version des viols ne ressemblait pas tellement à ces filles-là". "Que cela ait existé ponctuellement, oui c'est possible", ajoute-t-il toutefois.

Pour Asma Guenifi, présidente de "Ni putes ni soumises", "ce procès-là va permettre d'envoyer le message que la honte doit changer de camp, cela va permettre à d'autres victimes de parler", a-t-elle commenté mardi matin sur Canal+.

Le procès est prévu jusqu'au 12 octobre. Les accusés encourent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.

Deux autres mis en cause, âgés de moins de 16 ans au moment des faits, doivent comparaître, à une date qui n'a pas été fixée, devant le tribunal pour enfants de Créteil statuant en matière criminelle.

103Commentaires
18/09/2012 08:27
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et en plus ils veulent nous faire croire quelles étaient consentantes.... mettez vous dans la tête de ces jeunes filles :" bon j ai envie pendant 6 mois de me faire déboiter à la chaine par tous les mecs du quartier et tous les jours en plus!!!!!super j ai trop hâte"
ah ah ah bientôt le jugement spectacle ou plutôt parodie justice arbitré par notre chere garde des "sots" ......ca sonne mieux que garde des sceaux
18/09/2012 08:15
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Baille : ce qui les rend comme ça c'est le sentiment d'impunité. Ils se sentent libres de faire ce qu'ils veulent car en France il y a peu de répression pour ces faits et en profitent bien.
18/09/2012 07:51
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Comme d'hab.ils vont s'en sortir les doigts dans le nez....Povre France!
18/09/2012 08:27
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Au moins maintenant on en parle, car il y a quelques années c'était interdit d'en parler..............????la victime et sa famille contraint de déménager si elle déposée plainte....................????? l'éducation nationale qui ne voulait pas en entendre parler.....................!!!!

Pauvre France.............Pauvres Français...................Nous sommes envahis par une immigration forcée qui ont tout pouvoir...............???? et ce n'est certainement pas Mme Taubira qu'il fallait comme Ministre...............!!!!!

18/09/2012 09:03
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pour les humilier à leur tour placarder leurs photos partout !!!!!!!!!!!!
18/09/2012 12:09
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10 ans pour juger les racailles violeurs 48 h pour les seins de la princesse....
L'un d'entre eux se dit chef d'entreprise....entreprise d'importation peut être...
J’espère que la justice fera son travail...
malgrés  que j'ai un gros doute sur la sévérité des peines....
18/09/2012 07:55
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Quelles " chances " pour la France à Fontenay-sous-bois ! Et on veut leur donner le droit de vote !
18/09/2012 08:48
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L'immigration , une chance pour la France ! Comme disent les politiques .
18/09/2012 07:59
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Et elles sont combien dans ce cas qui subissent et ne sont pas protégées en France?La configuration de ces citées est propice à de tels agissements et ce en toute impunité.
18/09/2012 09:52
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mineurs pendant les faits, ils vont pas prendre grand chose, je plaint les gamines; il n'y as pas de justice.
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