Mise à jour : dimanche 15 juillet 2012 10:18 | Par AFP

Salaires, valorisation du métier: casse-tête pour susciter la vocation des enseignants

Le métier d'enseignant attire de moins en moins: faibles salaires, conditions de travail détériorées, formation bouleversée, dégradation du comportement des élèves... les motifs de la crise des vocations sont nombreux et les solutions difficiles à mettre en place.


Une salle de classe dans le Nord

A la rentrée 2012, les postes d'enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus par concours, faute de candidats: aux concours du Capes externe, 706 postes sont restés vacants, soit 15% des postes à pourvoir.

C'est un peu moins qu'en 2011 mais la pénurie pénalise les disciplines fondamentales que sont les mathématiques, les lettres et l'anglais.

La France n'est pas le seul pays dans ce cas, selon l'OCDE qui suggère d'offrir de "meilleures perspectives en termes de statut, d'autonomie professionnelle et de carrière", dans un rapport publié en mars sur les enseignants et les dirigeants de l'enseignement du XXIème siècle.

En Finlande, les enseignants bénéficient d'un statut social supérieur à celui de la plupart des professions. Singapour assure aux apprentis enseignants une rémunération mensuelle qui rivalise avec les salaires des nouveaux diplômés dans d'autres secteurs.

Il est primordial d'améliorer les rémunérations, préconise l'OCDE. Les salaires des enseignants français sont parmi les plus faibles des pays de l'organisation, et ils reculent depuis 1995.

Les enseignants débutants gagnent "à peine 1.500 euros nets par mois", dit Hubert Raguin, du syndicat FO. "L'image du métier d'enseignant dépend beaucoup de son niveau de rémunération et de ses conditions de travail qui sont mauvaises à cause des suppressions de postes drastiques. Or ces sujets sont dramatiquement absents de la concertation lancée par Vincent Peillon", ajoute-t-il.

"Une autre conception du métier"

Augmenter le salaire de 800.000 enseignants a une lourde incidence budgétaire. "On ne s'interdit pas d'y penser", avait déclaré M. Peillon pendant la campagne présidentielle à propos d'une revalorisation salariale.

La réforme de la formation des enseignants ("masterisation"), a contribué à décourager les vocations. Depuis 2010, les études durent cinq ans après le bac au lieu de trois et l'année de stage est supprimée. Les enseignants débutants se retrouvent sans préparation dans une classe.

En outre, les jeunes d'origine modeste n'ont pas toujours les moyens de financer des études longues. Le métier d'enseignant était pour eux "un ascenseur social", relève Christian Chevalier, du SE-Unsa, qui accueille favorablement un pré-recrutement au niveau de la troisième année de licence, assorti d'une rémunération, envisagé par le gouvernement.

Dans ce contexte, mettre en oeuvre la promesse du gouvernement de créer 60.000 postes sur cinq ans, essentiellement d'enseignants, s'annonce délicate.

Marie Duru-Bellat, sociologue, dénonce "la gestion des ressources humaines catastrophique de l'Education nationale": "d'un simple point de vue de bon sens, les conditions de premier exercice décourageraient un régiment", dit-elle. "Il faut voir les jeunes enseignants en région parisienne, affectés à deux établissements où ils trouvent des élèves debout sur les tables".

"L'incapacité des différents gouvernements à maîtriser cette question de la vie scolaire et des comportements des élèves est une cause essentielle de la baisse des vocations à partir de 2000", relève Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire.

Jean-Louis Auduc, ancien directeur des études de l'IUFM de Créteil, critique "le manichéisme" qui fait que l'on est affecté "soit en ZEP soit en classe +prépa+ des lycées prestigieux parisiens". Il faudrait "pouvoir faire les deux mais cela suppose une autre conception du métier".

49Commentaires
15/07/2012 08:15
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LE PLUS STRESSANT N'ES PAS D'ENSEIGNER , MAIS DE SUBIR LES ÉLÈVES 
14/07/2012 23:15
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Il est certain qu'enseigner n'est pas facile au vue du nbre de "délinquants" fréquentants ou non les lieux scolaires, que l'on soit (mais il s'agit du travail en lui-même) obliger de corriger des copies mais enfin...

Il y a:

1.500€ NETS pour commencer... beaucoup s'en contenterait!

Difficile de compter les jours de repos & le nbres de semaines de vacances (payées)!

On ne peut avoit le beurre et l'argent du beurre.

Et puis, le niveau d'éducation n'est plus ce qu'il était -il faut bien l'avouer-

Même les profs font autant de fautes d'orthographe que leurs élèves!!!!

 

 

14/07/2012 19:40
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C'est vrai, nos enseignants devraient commencer par apprendre tous les dialectes possibles pour pouvoir éduquer correctement, les nouveaux arrivants, qui envahissent notre belle France, avec l'aide de toutes les associations véreuses, et de tous les politicards de gauche..!
15/07/2012 11:41
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Autrefois quand le bac méritait de s'appeler bac ( donc un très bon niveau de culture générale) il permettait d'être instituteur ou institutrice...le bac +3...même sans le CAPES était donc l'enseignement assuré comme prof en collège et même en lycée. Autrefois le prof était maître de sa classe, aujourd'hui les parents d'élèves et les élèves font la loi ( c'est comme si le colonel devait obéir à ses soldats!):il faut 1°/restaurer des études plus courtes et revaloriser le bac,2°/ Redonner l'autorité au professeur3°/ ne pas toucher aux longues vacances d'été parfois utilisées en partie par certainspour préparer leurs cours
16/07/2012 09:39
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lorsque j'ai commencé a travailler, avant de m'engager, les machines outils ne disposait pas de toutes la technicité d'aujourd'hui. pour faire un cône il fallait combiner, manuellement deux mouvements, en faites vous autant aujourd'hui? Non vous surveillez la machine même plus transfert, entièrement automatique et vous vous plaigniez, vous jalousez les enseignants pas moi. J'ai commandé des adultes et je préféres cela a ces petits c..s qui se croient tout permis en classe, au moins si l'un des hommes que je commandais me les gonflait j'enlevais mes barrettes et nous allions nettoyer un local, je n'ai jamais eu le dessous et jamais eu de contestation longtemps. Par contre les profs doivent subir les brimades des éléves, surtout les femmes, les parents et même leur "patron", qui bulle en tant que proviseur. Vous voulez la place, alors reprenez vos études et devenez profs, on verra qui rira bien!
16/07/2012 12:48
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je pense que les enfants eux mêmes sont en demande d'autorité et de repères de la part des adultes. Les parents ont démissionné... l'école a abandonné... commençons par reinstaurer ce qui a été défait, c'est à dire une école qui forme des citoyens, les parents devront se plier aux règles de la république!
14/07/2012 20:01
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A partir du DEUG ( bac +2), les élèves enseignants peuvent  s'inscrire au rectorat de leur résidence pour faire des remplacements!

1500e nets par mois plus les indemnités diverses.plus la sécurité de l'emploi: t'es mauvais, t'es pas viré!,

Il y a beaucoup de jeunes diplômés ayant fait plus de 5 ans d'études qui seraient bien contents d'être embauchés à ce tarif et d'être surs que quoiqu'il arrive ils ne seront pas au chômage!

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La masterisation a effectivement tué l'enseignement. Il suffit de voir les promotions des matières littéraires (histoire, lettres....) qui ont vu leurs effectifs de 1ere année divisés par 2 voire par 3 en l'espace de 3-4 ans !

A cela s'ajoute la déconnexion de la formation IUFM avec d'une part la discipline enseignée et d'autre part avec la réalité du terrain : de la psycho, de la psycho, de la psycho pour les futurs profs des écoles avec des mémoires ridicules à faire en plus de journées de 8h assez lobotomisantes ! Ensuite c'est assez semblable pour les candidats au capes........

Et en plus, cerise sur le gâteau, des jeunes profs talentueux sont envoyés directement pour certains à Bobigny, Creil ou dans les zones de délinquances sans avoir eu au préalable l'expérience enseignante et ça les dégoute direct !

Merci le gouvernement..........

14/07/2012 21:02
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LES JEUNES VEULENT L'ARGENT MAIS SANS CONTRAINTES 
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