Un train en région parisienne

Trois autres, qui avaient assisté aux faits sans intervenir, ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis.

Ce matin là, de retour d'une fête à Paris, la lycéenne monte dans le train en direction des Mureaux. Elle se retrouve alors dans le même wagon que le groupe de jeunes hommes.

Après avoir demandé une cigarette à l'un d'eux, elle entreprend de descendre. Mais elle se fait alors agresser et est violée à plusieurs reprises entre les gares de Poissy et des Mureaux. Les agresseurs descendent ensuite du train aux Mureaux non sans avoir volé à la victime ses papiers, son téléphone portable et son lecteur MP3.

S'ils ont reconnu les faits, les accusés ont peiné à assumer leurs responsabilités durant un procès qui s'est déroulé à huis clos, regrette l'avocat de la victime Me Patrick Maisonneuve.

"Ils n'ont pas assumé, ce que j'ai regretté et ce qui est toujours préoccupant pour la suite car assumer, c'est faire un premier pas vers la prise de conscience", a-t-il poursuivi, toutefois "satisfait" de la lourdeur des peines prononcées.

Durant le procès, la "grande immaturité" des membres du groupe, qui se sont rejeté la responsabilité des faits, a été relevée par les avocats.

"Ils n'ont pas mesuré que le procès était le moment où il fallait être plus courageux que cela", regrette un avocat de la défense, Me Antoine Fabre.

"C'est une défense d'enfant, où chacun s'est retranché en minimisant son rôle ou en disant : +Ce n'est pas moi, c'est l'autre+, ce qui n'a pas vraiment fait évoluer les débats, ni participé à la manifestation de la vérité", avait également reconnu mercredi Me Denis Solanet, autre avocat de la défense.

C'est d'ailleurs notamment sur cette question de l'âge des condamnés, pour la plupart mineurs au moment des faits, que s'appuient plusieurs avocats de la défense - certains envisagent de faire appel - pour relever le caractère "excessif" de leur peine.

L'excuse de minorité, qui abaissait la peine encourue à 10 ans de réclusion contre 20 ans, a été écartée pour quatre d'entre eux par la cour.

"On ne peut pas condamner comme des majeurs des jeunes qui se défendent comme des gamins et qui se cachent derrière un mensonge d'enfant", regrette Me Antoine Fabre.

Me François Gerber, avocat d'un accusé condamné à 13 ans de réclusion, a lui mis en avant le milieu social des condamnés, "des jeunes élevés dans des conditions difficiles qui sont celles des Mureaux et dont on sait qu'ils ne bénéficient pas d'une éducation classique".

L'avocat général avait réclamé des peines allant jusqu'à 18 ans de réclusion.

Un neuvième garçon, âgé de 14 ans à l'époque des faits, avait pour sa part été condamné fin 2010 à dix mois de prison ferme par le Tribunal pour enfant de Versailles, selon une source judiciaire.