Une enseigne de vêtements met en place l'affichage des soldes, le 3 janvier 2011 à Metz

Les Français achètent en soldes "plus par nécessité et moins par plaisir qu'il y a quatre/cinq ans", souligne Pascale Hébel, directrice du département consommation au Crédoc.

Plus de huit Français sur dix (85%) ont l'intention de faire les soldes d'hiver, qui dureront cinq semaines, et près de sept sur dix comptent effectuer des achats dont ils n'ont pas les moyens en dehors de ces périodes, selon un sondage Ipsos pour le Conseil national des centres commerciaux (CNCC).

La fréquentation des magasins devrait être importante, prévoit Mme Hébel, "mais les consommateurs vont chercher absolument des remises" et non craquer pour la nouvelle collection.

Car les Français vont devoir digérer une nouvelle série de hausses des dépenses contraintes. De plus, cet hiver, "il a fait froid, les notes d'électricité vont être plus fortes", relève-t-elle.

Sur fond de crise, l'habillement est devenu "une variable d'ajustement" depuis trois, quatre ans, et "cette année le contexte est plus plus compliqué, l'inflation va être forte sur des produits de base", précise-t-elle.

Après deux années de baisse, le secteur du textile-habillement devrait afficher un léger recul pour 2010, indique Gildas Minvielle, responsable de l'observatoire économique à l'Institut français de la mode (IFM).

Les soldes d'hiver 2011 devraient être "plutôt forts", prévoit Jean-Michel Silberstein, délégué général du CNCC: des achats empêchés par la neige en décembre devraient ainsi se reporter sur janvier.

De plus, "en sortie de crise" les soldes représentent "un moyen de se lâcher dans des limites budgétaires raisonnables. Et les ménages qui ont été affectés par la crise y trouvent le moyen de faire des achats à bon compte", quitte à attendre la deuxième ou la troisième démarque, explique-t-il.

Enfin, "de plus en plus de gens achètent dans la perspective de la saison suivante. Le consommateur français, adepte du "système D", a bien compris que c'était un des moyens pour mieux gérer son budget", ajoute-t-il.

"Le nord et l'est" du pays "ont été très handicapés par les intempéries, donc il reste de la marchandise", indique Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH, indépendants), estimant que "les consommateurs allaient faire de très bonnes opérations".

Côté grands magasins, l'optimisme est de mise. "On a fait une très bonne année 2010 et en général les soldes qui clôturent une bonne saison sont un bon cru. On s'attend à faire un très bon chiffre", indique Paul Delaoutre, directeur général de la branche grands magasins du groupe Galeries Lafayette.

Boulevard Haussmann à Paris, le Printemps attend plus de 150.000 visiteurs le premier jour et les Galeries Lafayette entre 200.000 et 300.000.

L'e-commerce, en plein boum, devrait encore accroître sa part du gâteau, bénéficiant notamment de l'arrivée de nombreuses enseignes.

Si les soldes restent un rendez-vous incontournable de la consommation, leur l'aspect rituel s'est estompé avec la multiplication des occasions d'acheter à prix barré tout au long de l'année: ventes privées, déstockage, promotions...

Les soldes sont les seuls moments où les commerçants peuvent vendre à perte, afin d'écouler leurs invendus et faire de la place à la nouvelle collection. Les articles soldés doivent avoir été proposés à la vente depuis au moins un mois, être clairement distingués des autres articles et bénéficier des mêmes garanties.