Jeudi 21 mars : la détention provisoire d'Abdelkader Merah prolongée
Jeudi 21 mars : la détention provisoire d'Abdelkader Merah prolongée
La justice a décidé de prolonger la détention provisoire du frère de Mohamed Merah, mis en examen pour complicité des assassinats commis par son frère. A la sortie de l'audience, Me Tiffany Dhuiege, l'une des avocates d'Abkelkhader Merah, a expliqué que la justice avait refusé sa sortie de prison parce qu'"il n'a pas donné l'identité du troisième homme" qui aurait pu être impliqué dans l'affaire.
La magistrate a toutefois précisé que le juge des libertés et de la détention avait évoqué de libérer le suspect dans un "futur proche", après l'avoir équipé d'un bracelet électronique.
"Si j’avais partagé les mêmes convictions que lui, je serai allé jusqu’au bout"
Lors de ses auditions, Abdelkhader Merah s'est toujours défendu pied à pied et conteste formellement toute complicité avec son frère Mohamed Merah. Il a toutefois confirmé l’existence d’un troisième homme lors du vol du scooter le 6 mars 2012.
Entendu le 5 février dernier par le juge d’instruction Christophe Teissier, Abdelkader Merah, mis en examen pour complicité d’assassinat, s’est dit totalement étranger aux tueries de Toulouse.
"Si j’avais partagé les convictions de mon petit frère, pourquoi je n’aurais pas participé avec lui ? Pourquoi je l’aurais laissé aller faire ces assassinats", a déclaré Merah au magistrat en révélant dans sa réponse une nouvelle faille des services de police : "et en plus, j’ai vu le dispositif de police chez moi la veille (NDLR : de la localisation par les policiers de Mohamed Merah), si j’avais su que c’était lui l’auteur, pourquoi ne l’aurais- je pas averti, or je suis resté chez moi ".
Le vol du scooter
Abdelkader Merah a juré devant le magistrat que le vol du T-Max par Mohamed Merah n’avait pas été réfléchi mais qu’il était "quasi intuitif ". Il a confirmé sa présence lors de ce vol ainsi que celle d’un troisième homme dont il ne souhaite pas divulguer l’identité. "Je ne peux pas rentrer dans les détails car je n’ai pas envie qu’on remonte vers lui ".
Le frère de Mohamed Merah, pourtant, émet des réserves sur la réelle existence de ce troisième homme : "je constate que lorsque je parle du troisième homme personne ne me remet en cause, alors que lorsque je décris la manière dont s’est déroulé le vol, on ne me croit pas, cela prouve que tout est à charge, je ne sens pas de justice là-dedans".
Doit-on en déduire de votre réponse que le 3e homme serait une invention de votre part ? "Je ne veux pas répondre", coupe évasif Abdelkader Merah.
Le match de football
Le 11 mars 2012, Imad Ibn Ziaten est abattu d’une balle dans la tête par Mohamed Merah vers 16 heures, derrière le gymnase du château de l’Hers. Un peu plus tôt dans la journée, son frère Abdelkader Merah joue une vingtaine de minutes sous les couleurs de son équipe de football, les Izards. Quelques témoins, dont l’entraîneur de football, disent avoir vu Mohamed Merah rejoindre son frère dans l’enceinte du stade. La justice se demande si le frère aîné n’était pas au courant des projets macabres de Mohamed Merah.
Devant le juge, Abdelkader dit ne pas se souvenir avoir croisé son frère, lors de ce match. "Je m’en rappelle pas (…) Je suis quelqu’un qui aime beaucoup le foot (…) C’était mon premier match, j’étais très concentré et je ne me rappelle pas de la présence de mon petit frère. C’est possible que l’entraîneur l’ai vu mais il ne faut pas oublier qu’il n’était pas présent au moment du coup d’envoi".
Les réconciliations
Lors de cette audition, le juge s’est interrogé sur les circonstances de la réconciliation entre Abdelkader et son frère trois semaines avant les faits. "L’Islam nous donne le pouvoir d’acquérir les branches de la sagesse (…)", justifie Abdelkader, "j’ai décidé donc, de lui faire part éventuellement de mon désaccord une fois, mais de ne jamais insister une seconde fois, car je me suis dit que c’était comme cela que l’on pouvait s’entendre". Les deux frères vont se croiser quelques fois entre les drames de Montauban et de Toulouse. Abdelkader nie avoir participé à l’achat le 16 février 2012 de la caméra Go-pro de son frère qui a filmé les trois tueries. C’est dans ce magasin qu’Abdelkader avait lui-même acheté une mini-caméra à la fin de l’année 2011 et un talkie-walkie trois mois plus tôt. "Votre frère vous-a-t-il questionné sur le fonctionnement de cette caméra ?" demande le juge. "Nous n’avons pas parlé de cela", assure Abdelkader Merah.
Le magistrat se demande comment les deux frères se sont contactés peu après leurs retrouvailles. Et pourquoi Abdelkader n’utilisait pas son téléphone portable ? "Pourquoi vouliez-vous que je le contacte ?", s’étonne le mis en examen, "j’avais un téléphone que j’utilisais pour le travail, on se voyait assez au quartier, on n’avait pas besoin de téléphone. Quand je voulais le voir, je passais chez lui" conclut-il.
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