
Jusqu'à dimanche, plus de 300 soldats blessés s'affrontent au cours d'une compétition sportive à Camp Pendleton. Des américains, en majorité. Mais également 100 étrangers, dont 10 français.
Certains ont perdu une jambe, un pied, un bras, un oeil... ou souffre d'autres blessures. Des séquelles de leurs missions passées. Ces handicaps, ils ont appris à les surmonter. Aujourd'hui, ils se retrouvent avec plaisir pour partager une même passion : le sport ! Comme l'explique l'adjudant David Travadon, blessé au Liban en 2009, par l'explosion d'une mine antipersonnelle :"On se connaît tous. Malgré le grand nombre de blessés sur les théâtres d'opérations extérieures, malheureusement on se croise souvent dans les hôpitaux parisiens car nos pathologies ne seront jamais guéries. Elles sont définitives. Et aujourd'hui, on se retrouve dans un cadre autre que le cadre blouses blanches aseptisées. Et vous voyez, nous sommes tout simplement heureux."
Le lieutenant-colonel Hugues Chauvet, grièvement blessé par balles à la hanche et au bras, en Afghanistan, en janvier 2012, a repris rapidement une activité dans son régiment, le 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces. Mais, le sport fait aussi partie de sa thérapie."C'est le propre du blessé militaire de vouloir, à tout prix, reprendre sa place, et puis prouver aux autres, et à soi-même, qu'on est capable de revenir"
Les "Marine Corps Trials" se déroulent jusqu'au 7 mars à Camp Pendleton, en Californie. Parmi les épreuves qui attendent les sportifs français : basket et volley en fauteuil, tir à la carabine, tir au pistolet, natation, sprint, vélo assis ou encore pentathlon.L'an dernier, lors de sa première participation aux "Marine Corps Trials", challenge handisport de l'armée américaine, l'équipe de France avait décroché 3 médailles et une 2e place à l'épreuve de pentathlon.
James Bond, Jack Bauer, Jason Bourne... au cinéma comme dans la littérature, les agents secrets font souvent rêver. Pourtant, ce métier, l'un des plus vieux métiers du monde, est entouré de nombreux fantasmes et idées reçues.
"Le renseignement, ou ce qu'on appelle vulgairement l'espionnage, doit être considéré comme le deuxième plus vieux métier du monde. C'est à dire qu'on trouve des traces dans la bible, on en trouve à toutes les époques de l'humanité."
Aujourd'hui, les missions des services secrets sont variées : lutte contre le terrorisme, les trafics de drogue ou d'armes, la délinquance financière, écoutes téléphoniques, collectes d'information. Mais, au final, le grand public n'a qu'une vision "parcellaire" du métier d'agent secret.
"Le service action de la DGSE est une particularité au niveau des services occidentaux. Là, c'est encore une tradition qui est héritée de la résistance. La CIA ou le MI6 n'ont pas un "service action" attaché directement au service mais peuvent utiliser les services spéciaux qui sont dans les armées, aussi bien les Navy Seals pour les américains ou les delta forces, ou les SAS pour les britanniques."
Et comme le précise Gérald Arboit : CIA, MI6, DGSE, MOSSAD, FSB... etc... "si l'existence de tous ces services est connue, leurs activités et leurs méthodes restent sous le sceau du secret." Quand leurs missions réussissent nul n'en entends jamais parlé. Quand elles ratent, au contraire, les médias s'en emparent : manipulation d'information, propagande, assistance militaire clandestine, sabotages, enlèvements ou assassinats.Le trophée "civisme et défense" récompense les meilleures réalisations de citoyenneté et solidarité entre la société civile et les armées.
Le concours est ouvert à tout Français et toute personne morale, ainsi qu'aux établissements scolaires (publics et privés) domiciliés en métropole ou dans les DOM-TOM, voire à l'étranger. La date limite de dépôt des candidatures en version électronique et papier a été fixée au vendredi 10 mai 2013.
Parmi les projets récompensés l'an dernier, un stage de cohésion organisé pour des élèves du collège Gustave Courbet de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, comme l'explique le général Yves Béraud, directeur général de CiDan.
"On les a sorti de leur cité du 9-3. Le projet a été notamment initié par un réserviste local à la jeunesse et à la citoyenneté. Ensuite, il a fallu trouver une unité militaire. Il se trouve qu'il y a un régiment qui porte le numéro 93 donc, ils ont fait un lien. Il s'agit d'une unité de montagne, où l'on cultive des traditions d'effort gratuit, de volonté de cohésion… c'est à dire des valeurs propres au milieu de la montagne. ça a été un dépaysement total pour les gamins, qui ont été enthousiasmés."
Plus d'info :
Le site du CIDAN, organisateur du Trophée "Civisme et Défense"
[BLOG] Promouvoir la citoyenneté et le patriotisme
Le 16 mai 2003, Casablanca, au Maroc, est frappée par des attentats terroristes. Qui sont les kamikazes ? Leur recrutement ? Leurs motivations ? Nabil Ayouch tente de répondre à ces questions dans un film qui sortira en salle ce mercredi.
Le film "les chevaux de Dieu" de Nabil Ayouch a été présenté à Cannes en mai dernier. Nous nous en étions déjà fait l'écho sur ce blog. Ce film est basé sur des faits réels : les attentats sanglants qui ont frappé Casablanca en mai 2003.
Le réalisateur marocain, Nabil Ayouch s'est inspiré du roman "Les étoiles de Sidi Moumen" de Mahi Binebine... mais il a aussi fait un long travail de terrain, se rendant dans les quartiers populaires et les bidonvilles autour de Casablanca. Il s'est également appuyé sur les témoignages de sociologues qui ont fait des recherches sur l'islam radical.
"Ce qui m'intéresse, ce ne sont pas les attentats en eux-mêmes, puisqu'on fini le film avec les attentats... c'est tout ce qui se passe avant ! C'est de traverser le miroir, d'aller comprendre leur petite enfance, qu'est-ce qui fait que petit à petit, les parcours de vie... font que leur destin dévie et rencontre la grande histoire."
"Y a énormément de raisons qui peuvent mener des jeunes enfants devenus plus tard adultes, à se faire sauter. Des raisons qui sont liées naturellement à l'idéologie, à l'évolution de la géopolitique mondiale, un sentiment d'injustice très fort... mais ce sont aussi des raisons avant tout humaines, des parcours de vie, des micro-traumatismes qu'ils vivent quand ils sont gamins, quand ils sont adolescents, qui font qu'à un moment ils deviennent peut-être plus perméables à ces thèses, à ces idéologies".
"Les chevaux de Dieu" de Nabil Ayouch, le 20 février au cinéma
De vos cours d'Histoire, vous n'en avez gardé qu'un vague souvenir. La bataille de Diên Biên Phu, c'était il y a près de 60 ans. La défaite française précipitera la fin de la guerre d'Indochine.
Dans son livre, Ivan Cadeau nous offre un récit détaillé de cette bataille acharnée, qui marquera la fin de 8 ans de guerre. La guerre d'Indochine : un bourbier dont la France cherchait à tout prix à se sortir. Une analyse fine avec force de détails.
"J'avais envie de faire une synthèse de Diên Biên Phu. Il existe d'excellents ouvrages sur la question mais je voulais faire une synthése avec une approche pédagogique pour bien comprendre, sans verser ni dans le côté pathétique, ni dans le côté apologétique. Je voulais faire quelque chose d'historique. Et le service historique de la Défense, qui se tient à Vincennes offre toujours de nombreux cartons qui méritent d'être exploités voire réexploités."

"En 1953, la guerre d'Indochine est entrée dans sa 8e année. Elle est devenue une charge très lourde pour les finances françaises et puis les résultats militaires sur le terrain ne laissent pas entrevoir de victoire. Les gouvernements de la IVe République cherchent une porte de sortie honorable à ce conflit."
Diên Biên Phu : une forteresse imprenable ? En tout cas, c'est se que ressentent les personnalités politiques et militaires françaises qui la visite. Robert Guillain, journaliste au journal Le Monde, y voit même "un piège gigantesque et compliqué, hérissé de pointes, boursouflé d'ouvrages, miné, creusé, compartimenté (...)" Spécialement fortifiéz pour protéger le terrain d'aviation. Un piège fatal ? Sans doute. Et comme l'écrit Ivan Cadeau, "la chute du camp retranché de Diên Biên Phu, le 7 mars 1954, provoquera un réel traumatisme"
"Au début, Diên Biên Phu semble imprenable ! Les hommes politiques, les journalistes qui rentrent dans le camp retranché font état du formidable outil défensif que l'on a mis en place... et la presse, peu à peu, a habitué les Français à l'idée d'une victoire. Lorsque commence la bataille, très rapidement, les espoirs nés au début s'évanouissent et la chute du camp retranché est vécue comme un véritable traumatisme... 15 ans après la défaire de 1940 !"
Au terme d'une longue et sanglante bataille... les Français s'inclineront face au Viêt-Minh. Les raisons de cet échec ? Elles sont multiples. Côté français, "de nombreuses lacunes et insuffisances peuvent être révélées : outre le manque d'effectifs, les réseaux de barbelés ne sont pas assez denses (...)". L'ennemi quant à lui, est "bien présent autour du camp retranché, et en force", constate Ivan Cadeau, qui s'appuie sur les archives du service historique de la Défense et des témoignages inédits.
"On peut très clairement mettre en cause la faiblesse des fortifications françaises (...) et puis, du côté du Viêt-Minh, il va mettre en oeuvre des moyens, gràce à une aide massive des Chinois, que l'on ne soupçonnera pas (en tout cas au début) et notamment la défense contre avion. La DCA va être une cause majeure de l'échec des Français."
"Diên Biên Phu : 13 mars - 7 mai 1954" de Ivan Cadeau, aux éditions Tallandier
Rédactice en chef adjointe du service "étranger" du Nouvel Observateur, Sara Daniel a couvert de nombreux conflits de l'Afghanistan à la Syrie, en passant par l'Irak, le Pakistan et la Libye.
"On est plongé dans ses reportages. On a pas tellement le temps de réfléchir, parce que souvent c'est assez dangereux. C'est quand même très prenant. C'était aussi une manière d'exorciser des visions que j'avais eu. Et j'avais envie de restituer des pensées personnelles, des rencontres... que je n'avais pas utilisé pendant mes reportages."
Novembre 2001. Un drame va profondément la bouleverser. Pierre Billot (RTL), Johanne Sutton (RFI), Volker Handloik (Stern) trouvent la mort en Afghanistan. Alors qu'ils accompagnent les hommes du commandant Massoud, les Taliban passent à l'attaque. Sara Daniel écrit : "Depuis, alors que j'ai couvert la plupart des conflits de ces dix dernières années, la peur ne m'a plus jamais quittée. Je l'apprivoise, la raisonne à chaque départ comme une vieille connaissance." Les reporters de guerre ressentent généralement plusieurs émotions, plusieurs sentiments : de la peur, parfois... mais c'est l'adrénaline qui les fait tenir."C'est mêlé. Les correspondants de guerre disent rarement qu'ils ont peur. Mais moi, y a une chose qui me terrifie, ce sont les bombardements. A chaque fois que j'ai été prise sous des bombardements, j'en mène pas large. Je sais pas si on s'habitue ou si, quelque part, ça devient de pire en pire car on sait à quoi s'attendre aussi. Mais après, en effet, quand on est pris dans une situation, on oublie le danger et l'adrénaline se substitue à ses peurs".
Sara Daniel écrit : "drapée dans mon abaya, qui me rend invisible, j'ai le sentiment absurde d'être invulnérable". Nous sommes en juillet 2004. Sara Daniel se rend à Fallouja en Irak. Elle va y faire la connaissance du bras droit d'Abou Moussab al-Zarqaoui."J'étais partie pour rester en dehors de la ville et faire quelques interviews (...) et puis petit à petit je suis conduite en plein centre de la ville, et avec le bras droit d'Abou Moussab al-Zarqaoui, qui était à ce moment-là le chef d'Al-Qaida en Irak. On voyait que c'était extrêmement tendu. Ils ramenaient sans arrêt des corps de djihadistes qui revenaient du front, et puis en plus, de par son récit, du récit des décapitations qu'il avait faites... je me suis dit que je n'étais peut-être pas au bon endroit".
"Guerres intimes" de Sara Daniel, édition Flammarion
Notre mission au Mali s'est achevée hier. Après un peu plus de 10 jours dans le pays, décision a été prise de rentrer en France. Pour nous, l'histoire est terminée. Pour les maliens, elle ne fait que commencer.
Faute de pouvoir rejoindre Gao ou Tombouctou, nous sommes de retour à Bamako. Un retour provisoire avant de monter au Nord, ou de rentrer sur Paris
Notre équipe, comme d'autres ici à Bamako, patiente toujours dans l'espoir de pouvoir prendre un vol militaire français. Les places sont rares. Nous profitons de cette journée pour nous rendre sur l'aéroport de Bamako, où la France continue d'acheminer du matériel.

Sur le tarmac, deux C17, l'un de l'US Air Force, l'autre de l'armée canadienne. Ces appareils servent par exemple à acheminer ici des blindés ou des hélicoptères.

Avant d'être envoyé aux troupes sur le terrain, tout le matériel transit par ici : l'eau, la nourriture, les gilets pareballes, les lits, les tentes, les douches. Un peu de confort pour les quelques 2500 soldats français déployés au Mali.

Autre temps fort de cette journée, un duplex dans le 19H45, pour évoquer la situation à Kidal. Kidal, la troisième grande ville du Nord. Des rebelles touaregs et islamistes dissisdents affirment la contrôler, et se disent favorables à une issue politique à la crise. Même s'ils craignent des représailles de l'armée malienne "contre les peaux claires", arabes ou touaregs.

De nombreux islamistes d'Ansar Dine et djihadistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique auraient fui vers la ville de Kidal et sa région montagneuse, à l'extrême Nord-Est du Mali, à proximité de la frontière avec l'Algérie. Les soldats français ne devraient pas se rendre dans cette zone montagneuse, plus reculée, plus difficile d'accès pour les convois logistiques... et plus dangereuse.
Naturellement, des frappes aériennes ou des actions des forces spéciales ne sont pas à exclure. Mais, le discours officiel, du Président, François Hollande, voudrait que les troupes africaines de la Misma prennent le relais des Français dans cette intervention.
La priorité pour l'état-major français, c'est en effet d'éviter que la guerre actuelle ne s'enlise au coeur du Sahara et ne se transforme en guerilla. Si les djihadistes n'ont opposé que peu de résistances aux soldats français et maliens, ce que l'on craint désormais, ce sont les actions terroristes : attentats à la voiture piégée, attentats kamikazes. Les méthodes habituelles des terroristes islamistes.
Chaque jour, les journalistes de la rédaction de M6 répondent à vos questions, en direct, sur le plateau du 19.45.
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