
Le général de corps d'armée Bruno Dary s'occupe du protocole militaire. Il est donc particulièrement concerné par le sort des soldats blessés, et des familles des militaires décédés en opérations."J'ai la lourde charge d'accueillir les dépouilles mortelles des soldats qui sont morts en opérations extérieures… et je m'occupe aussi des blessés qui sont hospitalisés dans les hôpitaux parisiens."
Cette exposition a donc permis de récolter des fonds au profit de la CABAT, la cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre. Le gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Dary :"Si une opération extérieure dure un an, deux ans, même 10 ans… un soldat qui est blessé, son handicap, il va le porter pendant 20, 30, 40, 50 ans ! Nos soldats sont jeunes, ils ont entre 20 et 30 ans. Donc, il faut s'occuper d'eux : les aider à se rééduquer, leur fournir des prothèses très perfectionnées, pour qu'ils puissent retrouver une vie à peu près normale."
De l'argent qui viendra compléter les aides déjà apportées au profit des blessés, pour les accompagner dans leur rééducation ou leur réinsertion. Le parrain de l'exposition, Jean Cardot, membre de l'académie des Beaux-Arts, y voit aussi l'opportunité de mettre en avant les talents artistiques de certains militaires :"Avec un métier comme ils ont, avec tous les risques, tous leurs "problèmes"… je trouve qu'ils trouvent une espèce de réconfort en s'exprimant dans les arts plastiques (…) J'ai une émotion particulière pour l'intérêt et la passion qu'ils mettent dans leurs travaux. C'est très important et émouvant de voir ces hommes qui se sont battus… se plaire dans cette discipline."
Le photographe, et réalisateur, de 37 ans, est venu présenter à l'Hôtel national des Invalides, des clichés pris lors de voyages en Russie. Extrait d'un périple de plusieurs semaines à bord du légendaire Transsibérien, qui relie Moscou à Valdivostok."Il s'agit d'une série qui s'appelle : le désert russe. Le prétexte du et des voyages, un en 2006, un 2010 et à venir, c'était la chute démographique de la Russie. Moi, je fais une lecture journalistique, je me dis que les russes sont de moins en moins nombreux, pourquoi ?! Le rapport, mortalité-natalité s'est inversé. Et j'ai lu qu'en 2050, ils seront un peu moins de 100 millions. 100 millions d'habitants pour un pays comme la Russie… en France, on est un peu plus de 60 millions… c'est totalement incroyable. Et mon idée était de traverser ce désert démographique, ce désert russe. Pas comme le ferait un journaliste, mais plus en essayant de faire ressentir la solitude."
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Les fonds récoltés à l'occasion de l'exposition "ils se sont engagés, engageons nous" seront reversés à la CABAT, la cellude d'aide aux blessés de l'armée de terre.
La peinture pour le lieutenant-colonel Thierry Mollard, c'est une histoire de famille puisqu'il est le petit-fils de François Vitale, lui-même ingénieur (école centrale), architecte (écoe des Beaux-Arts) et peintre aquarelliste. Thierry Mollard a commencé à peindre à l'âge de 15 ans... c'était il y a... 25 ans ! S'il peint aussi Paris et la Haute-Savoie, région dont il est originaire, le lieutenant-colonel cherche avant tout, à travers la peinture, à faire partager la richesse de son métier, à témoigner d'instants qu'il a vécu.
"C'est une façon de témoigner, c'est une façon de rendre présent dans l'esprit des gens qui voient ce que je peins les impressions que je peux vivre. L'aquarelle c'est quelque-chose qui ne vit que par la lumière, et d'une certaine manière, on vit souvent des moments plein de lumière sur les théâtres d'opérations : tôt le matin, tard le soir... Une impression, un instant, ce sont des choses qui restent dans notre tête. Et les peindre, c'est une manière de faire partager à ceux qui sont restés, ce qu'on vit sur les théâtres d'opérations."
"Ils se sont engagés, engageons nous", c'est jusqu'au dimanche 13 mai, à l'Hôtel national des Invalides à Paris.C'est le titre de l'exposition qui se tient jusqu'à demain à l'Hôtel national des Invalides, à Paris.
Le colonel Thierry Laval est commandant du 11e régiment d'artillerie de Marine. L'une de ses passions : l'aquarelle. Il en fait depuis une vingtaine d'années.
"Deux des tableaux que j'expose ont été fait lorsque j'étais en opération en Afghanistan, l'année dernière. C'est une manière de penser à autre chose, une espèce d'évasion, pour trouver un équilibre. Il faut avoir une activité en parallèle, surtout quand l'opération dure longtemps. Ce qui est mon cas l'année dernière, puisque je suis resté 7 mois là-bas, dans des conditions pas toujours très simples."
Le colonel Thierry Laval a beaucoup voyagé. Il a par exemple été stationné à Djibouti et en Nouvelle-Calédonie. Des missions qui ont été l'occasion de découvrir de nouveaux continents, de nouvelles lumières, de nouveaux sujets... autant de sources d'inspiration. Après avoir longtemps peint des paysages, Thierry Laval fait aujourd'hui des portraits, ses instruments l'accompagnent toujours."ça prend pas de place dans le paquetage. On peut le transporter partout. Il suffit juste d'un peu d'eau et d'un papier... et voilà, le tour est joué ! C'est un médium très fonctionnel pour un militaire."
Les bénéfices de cet événement seront reversés à la CABAT, cellule d'aide aux blessés de l'armée de terre. L'année dernière, 20 soldats sont morts au combat et 417 autres ont été blessés en opérations ou en service.Voir aussi :
Le catalogue de l'exposition
La cellule d'aide aux blessés de l'armée de terre
Les 12 et 13 mai, la Marine accoste place Stanislas. L'occasion de mettre en avant les marins originaires de la région et de faire découvrir leurs missions.
"C'est un partenariat avec la ville de Nancy, qui a pour but d'aller à la rencontre des nancéens et des lorrains, plus largement. Et de montrer la Marine dans des endroits reculés des zones côtières, de montrer ses missions, de montrer la vie en équipage."
L'un des objectifs de ces 2 jours est d'informer et de conseiller les jeunes Lorrains. Des activités gratuites et ouvertes à tous sont programmées pour rappeler les rôles de la Marine et ses composantes (forces de surface, aéronautique navale, forces sous-marines, fusiliers marins et commandos)."ça va se passer sous forme d'échanges, sous forme de visites de salles immersives, et avec un certain nombre d'animations, de concerts qui auront lieu tout ce week-end. C'est dans notre volonté d'être la Marine "nationale" et non pas d'être la Marine de Lorient, Brest ou Toulon... C'est la première édition, et on compte en faire plusieurs autres par an dans les mois et les années à venir"
Parmi les temps forts : des baptêmes de plongée, des initiations aux techniques des commandos marine, un simulateur de navigation, des démonstrations de dressage de chiens, des projections de films et des concerts. Samedi 12 mai, par exemple, un concert de la musique des équipages de la flotte sera donné en la basilique St Epvre à 20h30.Outre faire mieux connaître la Marine aux Français, cet événement s'inscrit aussi dans le cadre de sa campagne de recrutement. La Marine propose chaque année 3000 emplois, de tous niveaux, et dans de nombreuses spécialités.
Voir aussi :
Le programme des animations
L'Armée attend que François Hollande prenne ses décisions. Pour le moment les entraînements se poursuivent, même s'ils pourraient s'interrompre.
"Les troupes bénéficient d'une préparation très poussée. En ce qui concerne l'Afghanistan, la préparation avant projection est d'une durée de 6 mois. En fait dès qu'un GTIA est projeté, un autre commence sa préparation. Un GTIA a donc commencé sa préparation... Il peut éventuellement l'interrompre, mais pour l'instant, il a commencé sa préparation."
En 10 ans, les missions de l'armée française en Afghanistan ont considérablement évolué : combat, quick reaction force, appui aérien, surveillance, formation, et aujourd'hui, principalement de l'appui aux forces de sécurité afghanes, au fil des transferts d'autorités."La mission principale des GTIA, c'est l'appui de l'Armée Nationale Afghane qui conduit des opérations. Soit dans le cadre de la protection de convois, soit sur des opérations offensives conduites par l'Armée Nationale Afghane, en vue de sécuriser et de contrôler le terrain. Dans ce cas là, il y a des unités de l'armée française qui conduisent des missions d'appui au profit de ces unités."
Actuellement, 3400 soldats sont toujours déployés en Afghanistan. 600 soldats français ont déjà été désengagés d'Afghanistan depuis l'automne dernier. Et d'ici la fin de l'année, le calendrier prévoit encore que 800 militaires français rentrent dans l'hexagone... à moins que François Hollande accélère, comme il l'avait souhaité, la cadence ! Dans ce cas, comme l'indique le colonel Thierry Burkhard, il faudra s'adapter :"Lorsque le Président, qui a été élu, aura pris ses fonctions, il fixera précisément ses choix et annoncera ses décisions."
L'armée française a certes déjà élaboré plusieurs options. Mais les choses ne sont pas si simples, au-delà des hommes, il y a le matériel : 900 véhicules, 1400 containers, 14 hélicoptères, 3 Mirage 200D, 2 C-160... autant de difficultés logistiques. Pour rapatrier en France ce matériel, il n'existe que 2 voies : une voie aérienne, via le Tadjikistan, et une voie maritime via Abou Dhabi. L'aéroport de Kaboul et les capacités de transport sont déjà saturés.En plus, actuellement, à la faveur des beaux jours, et d'une nature verdoyante, les Taliban multiplient leurs actions. Un désengagement des bases de Nijrab et de Tagab, en Kapisa, région où les accrochages sont déjà nombreux, augmenterait les risques pour les soldats français.
Enfin, la chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé François Hollande à respecter le calendrier initialement prévu, c'est à dire un retrait total des troupes internationales d'Afghanistan en 2014. François Hollande présentera ses choix à ses partenaires, lors du sommet de l'OTAN à Chicago, le 20 mai prochain.
Charline Redin, lieutenant dans l'armée de l'air et journaliste pour le magazine Air Actualités, nous propose une série de témoignages.

L'ouvrage "Afghanistan : regards d'aviateurs" apporte un éclairage sur les missions de l'armée de l'air en Afghanistan. 10 ans qu'elle opère là-bas.
De nombreux témoignages sont ainsi présentés : pilotes d'avion de chasse, pilotes d'hélicoptères, mécaniciens, commandos parachutistes, aumôniers, communicants... Toutes les spécialités, ou presque, sont représentées.

Ce livre est loin d'être réservé à des lecteurs "initiés". Une carte de l'Afghanistan, une frise chronologique, un glossaire et de nombreuses illustrations viennent compléter les témoignages, comme l'explique le lieutenant Charline Redin :
"Dans ce livre, on retrouve des histoires personnelles. On en apprend un peu plus sur les missions de chacuns : les missions des commandos, comment ils travaillent... les missions des pilotes, comment ils préparent leurs vols (...) Ce qui caractérise vraiment cet ouvrage, c'est le côté humain. Le militaire parle de ce qu'il a ressenti"
"Nous avons organisé une cérémonie militaire (à Warehouse, la base française à Kaboul). C'était très émouvant, nous avons tous pleuré. A l'issue, nous sommes tous tombés dans les bras des uns des autres"
Boot Camp. C'est ainsi que l'on appelle les camps d'entraînement des GI's. Ces boot camps sont mis au goût du jour pour des anonymes qui se plient le temps d'un stage aux exercices rudes et physiques des militaires.
Cette tradition nous vient des Etats-Unis : elle offre un entraînement à la dure, intensif en pleine nature. Et les Français s'y mettent. La séance coûte une vingtaine d'euros, et plus de 500 euros la semaine de stage complète.

L'une des journalistes de la rédaction, Cyrielle Stadler, a suivi l'un de ces entraînements dans l'Essonne. Rien de bien difficile, d'autant que comme l'indique le moniteur, Gilles Gauthier, ancien militaire, aujourd'hui pompier professionnel... tout le monde fait preuve de solidarité :
"Dans ce genre de séance, on fait en sorte qu'il n'y ait pas de rapports de force entre les gens. Ils sont ensemble, avec chacun leurs capacités. Et dans ce genre de petits challenges, on est obligé de s'entraider pour que le groupe avance".
Le boot camp, entre le parcours de santé et le parcours du combattant, s'adresse à celles et ceux qui veulent une remise en forme rapide ou apprendre à dépasser leurs limites.

Voir aussi :
Le reportage : Boot Camp la forme militaire

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