Des rangers italiens montre la photo des deux petites jumelles suisses disparues, le 5 février 2011

Matthias Schepp, un père de famille suisse de 43 ans qui vivait mal la séparation d'avec sa femme italienne, Irina Lucidi, 44 ans, avait enlevé dimanche dans le canton de Vaud (ouest de la Suisse) les deux enfants du couple à bord de la voiture de son épouse qu'il avait volée.

La mère s'était présentée vendredi à la police française à la recherche de ses filles à Marseille (sud de la France), d'où le père lui avait envoyé le 31 janvier une carte postale dans laquelle il se disait désespéré et affirmait ne pas pouvoir vivre sans elle.

En Italie, des moyens importants ont été mobilisés pour rechercher les fillettes aux environs de la gare de Cerignola (Pouilles, sud), où leur père s'est donné la mort en se jetant sous un train.

Brigades cynophiles, agents à cheval et hélicoptères ont passé au peigne fin la région pour tenter de retrouver une trace d'Alessia et de Livia, mais sans succès.

Dans un entretien téléphonique à la chaîne publique Rai2 samedi soir, l'oncle des jumelles, Valerio Lucidi, a depuis Lausanne affirmé que les "fillettes ont été vues hier soir (vendredi soir) à Monza (nord de l'Italie) en compagnie d'une femme blanche aux cheveux bruns", ajoutant que "le père avait été vu dans région d'Amalfi, de Naples (sud), en train de déjeuner dans une pizzeria, sans les fillettes".

Ces informations n'ont pas été confirmées par les enquêteurs.

Parallèlement, les recherches se sont poursuivies en Suisse, où une trentaine d'agents ont été mobilisés, et près de Marseille, mais sans plus de résultats.

Deux inspecteurs suisses ont en outre été dépêchés en Italie. Ils doivent également rapatrier en Suisse la dépouille du père pour une identification formelle.

Deux autres policiers suisses se sont par ailleurs rendus à Marseille. Le procureur-adjoint de Marseille, Christophe Barret, a précisé qu'une enquête avait été ouverte pour "disparition inquiétante de mineurs" en vue de "retracer l'itinéraire" du père.

Un appel à témoins diffusé vendredi par la police cantonale vaudoise a été relayé par la police française, selon M. Barret.

"Les deux fillettes ont été vues pour la dernière fois dimanche (30 janvier) à proximité de leur domicile. Depuis, nous n'avons plus aucune information sur l'endroit où elles se trouvent. Tout est envisageable", a déclaré samedi de son côté un porte-parole de la police cantonale vaudoise, interrogé par l'AFP.

Il a ajouté qu'il ne disposait d'aucun élément permettant de penser que les jumelles n'auraient pas quitté la Suisse. Le père aurait quant à lui été vu jeudi midi à Naples, a-t-il indiqué.

Le sort des enfants suscite les plus grandes craintes de la part des pouvoirs publics, selon une source proche de l'enquête. Les pompiers italiens ont d'ailleurs commencé à explorer les nombreux puits qui se trouvent dans la région de Cerignola.

La famille se veut toutefois optimiste: "Nous restons pleins d'espoir. L'unique chose qui importe en ce moment est de retrouver les fillettes saines et sauves. Si elles ont été confiées à quelqu'un, qu'il les relâche. Tout signalement peut être utile", a déclaré leur oncle au nom de leur mère.

Cette dernière a préféré ne pas quitter son domicile suisse, d'où elle reste cependant en contact constant avec les enquêteurs italiens, selon l'agence italienne Ansa.