Carte du Mali

Deux mois après un raid franco-mauritanien contre une base d'Aqmi dans le désert malien, la France s'est défendue d'avoir participé à ces nouvelles opérations militaires.

Paris a affirmé que ces combats étaient "indépendants" de l'affaire des sept otages enlevés au Niger le 16 septembre, pour laquelle elle soupçonne "la mouvance d'Aqmi" au Mali.

Les affrontements, qui ont débuté vendredi en début de soirée s'étaient interrompus dans la nuit avant de reprendre samedi matin à Raz-El-Ma, à 235 km à l'ouest de Tombouctou, selon des sources maliennes concordantes.

"Les combats sont terminés. C'est ce que nous avons constaté sur le terrain. Les avions de combat mauritaniens qui ont survolé la zone ont fait, à un moment reculer les assaillants", a déclaré à l'AFP une source malienne, samedi en fin d'après-midi.

Aucun bilan n'a pu être établi de source indépendante.

Un haut responsable militaire mauritanien à Nouakchott a affirmé à l'AFP que l'armée mauritanienne "a tué 12 terroristes armés et en a blessé des dizaines". Il a ajouté que cinq militaires mauritaniens avaient été tués et neuf blessés.

De son côté, une source sécuritaire algérienne dans la région a soutenu que le "nombre de (soldats mauritaniens) morts s'élève à au moins 15".

Un civil, Hamine Ould Mohamed Aly, joint par téléphone satellitaire, a déclaré à l'AFP qu'il venait de "Raz-el-Ma" où il a vu "six véhicules de l'armée mauritanienne calcinés à côté d'un puits".

Selon un élu du nord du Mali, c'est "un lieutenant de l'islamiste algérien Abdelamid Abou Zeid, Yahya Abou Hamame, qui dirigeait les opérations d'Aqmi contre l'armée mauritanienne".

Abou Zeid est l'un des "émirs" d'Aqmi les plus redoutés dans le nord Mali, à la tête du groupe de djihadiste qui aurait assassiné en mai 2009 l'otage britannique Edwin Dyer et laissé mourir ou exécuté l'otage français Michel Germaneau en juillet 2010.

Les nouveaux affrontements se sont déroulés près de deux mois après un raid franco-mauritanien contre une base des islamistes armés dans le désert malien, au cours duquel sept membres d'Aqmi avaient été tués.

Cette opération menée le 22 juillet visait, selon Paris, à libérer un otage français Michel Germaneau. Aqmi avait ensuite annoncé, le 25 juillet, avoir exécuté M. Germaneau pour venger la mort de ses membres.

Des sources au Mali s'interrogeaient toujours, samedi, sur une éventuelle implication française dans la nouvelle opération.

Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a assuré qu'il n'y avait "pas de forces françaises sur le terrain".

L'armée malienne, elle, n'a pas participé à l'opération contre Aqmi sur son propre territoire. "Nous avons permis à tous les pays riverains de faire des poursuites ici", a souligné le président Amadou Toumani Touré dans un entretien enregistré vendredi, et diffusé dimanche.

M. Touré n'a pas voulu confirmer que les otages se trouvaient en territoire malien, comme annoncé par des sources régionales. "Ils se promènent dans toute la bande sahélo-saharienne, aujourd'hui ils sont là, demain dans un autre pays", a assuré le président, au sujet des ravisseurs ou de leurs otages.

A Arlit (1.000 km au nord-est de Niamey), site d'extraction d'uranium où a eu lieu l'enlèvement de jeudi, les groupes français Areva et Vinci poursuivaient samedi l'évacuation de leurs employés français.