Manifestation de professionnels de crèches et de parents, le 29 mai 2010, à Paris

A Paris, le cortège a rassemblé entre 5 et 6.000 personnes, selon le collectif "Pas de bébés à la consigne !", qui regroupe une cinquantaine de syndicats et d'associations, mais seulement un millier selon la police.

Le cabinet de la secrétaire d'Etat à la famille Nadine Morano a constaté un mouvement "en forte régression", par rapport aux trois autres journées de manifestations précédentes.

Les manifestants s'opposent à un décret, que s'apprête à publier le gouvernement, abaissant le niveau de qualification d'une partie des personnels des crèches et leur permet, ponctuellement, d'accueillir plus d'enfants. Le but des pouvoirs publics est d'aider les familles à faire garder leurs enfants dans un contexte général de pénurie de places.

Mme Morano a affirmé qu'elle ne modifierait pas le texte, actuellement au Conseil d'Etat.

"Nous nous battons pour que la petite enfance soit considérée comme une priorité nationale", a expliqué Pierre Suesser, l'un des responsables du collectif.

"On est là pour que la qualité soit préservée, pour qu'il n'y ait pas de crèches +low-cost+", a ajouté Christophe Harnois, un autre membre du collectif.

Venus d'Ile-de-France, d'Orléans, Lille ou Nancy, les manifestants, dont de nombreux parents avec poussettes, ont battu le pavé de la capitale aux cris de "les enfants ne sont pas de sardines" ou encore "plus de berceaux et moins de pros, c'est le cadeau de Nadine Morano".

Le cabinet de Mme Morano a rappelé vendredi que le décret prévoyait le même taux d'encadrement avec "un adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas, et un adulte pour 8 enfants qui marchent", et qu'environ 45.000 places de garde d'enfants supplémentaires en accueil collectif (crèches) ont été mises à disposition depuis un an.

Des rassemblements ont eu lieu dans une quarantaine de villes, comme à Toulouse, où 500 personnes selon les organisateurs ont scandé "l'accueil des enfants n'est pas un service marchand", avec des pancartes "dur dur d'être sardinés, non au décret", ou "allô maman bobo, Morano son monde il est pas beau".

"Nous sommes contre ce décret qui prévoit de baisser le nombre de diplômés dans les structures de 50 à 40%, et contre l'augmentation du taux d'occupation de 10 à 20%", a indiqué Jacqueline Chevillard, directrice de crèche à la mairie de Toulouse.

300 manifestants ont aussi défilé à Nantes, selon la police.

A Lyon, entre 250 personnes selon la police, 350 selon les organisateurs, ont manifesté derrière une banderole "Non aux professionnels de la Petite enfance au rabais".

A Strasbourg, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées, ainsi qu'une cinquantaine à Mulhouse et à Besançon, et une soixantaine à Montbéliard.

A Bordeaux, le cortège a rassemblé environ 80 personnes, dont Marylène Lavoine, maman d'un petit garçon de 11 mois: "J'essaie de retrouver du travail. Mon petit garçon va à la halte garderie un jour par semaine, mais j'aurais besoin d'au moins 3 jours. Dans ma halte-garderie, nous sommes 40 familles à nous partager 8 places", a-t-elle expliqué.

Les manifestations ont aussi rassemblé à Pau entre 120 personnes, selon la police, et 200 à 250 selon les organisateurs, et "une centaine de personnes" à Foix selon les organisateurs.