Entrée de l'université Paris Dauphine en 2008.

Le conseil d'administration a voté lundi pour la rentrée 2010 une hausse des droits de scolarité de certains masters (diplômes de niveaux bac+4 et bac+5) de 231 euros actuellement à une fourchette comprise entre 1.500 et 4.000 euros.

Le montant sera modulé en fonction des revenus de la famille et les étudiants boursiers (sur critères sociaux), handicapés et au statut de réfugié seront exonérés.

Cette décision concerne les masters de gestion (finance, management de la performance, marketing et stratégie, management et organisation) et celui d'économie internationale et développement.

Paris-Dauphine entend améliorer la réputation de ces diplômes à l'international et, pour cela, diversifier ses ressources financières.

Pour mener cette politique, Dauphine, qui a depuis 2004 le statut de grand établissement, a transformé les masters en question en "diplômes d'établissement", une décision qui avait été validée en juillet 2009 lors d'un Conseil national supérieur de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser).

Les universités classiques ont, elles, pour leurs diplômes nationaux, des droits fixés chaque année par arrêté ministériel. Ils sont pour 2009/2010 de 171 euros pour une inscription en licence, 231 euros en master et 350 euros en doctorat.

Dauphine respecte-t-elle pour autant la légalité?

En 2008, elle avait déjà essayé de transformer ses "diplômes nationaux" et "diplômes d'établissement" mais le Conseil d'Etat, saisi par la ministre de l'Enseignement supérieur, avait jugé que leur requalification à l'identique au seul but d'augmenter les frais d'inscription ne pouvait être acceptée.

"Si c'est ça qu'est en train de faire l'université de Dauphine, c'est illégal au regard de l'avis que j'ai demandé au Conseil d'Etat et donc nous ne l'accepterons pas", a déclaré mardi à RTL Valérie Pécresse, en annonçant qu'elle allait de nouveau faire vérifier ce point.

La ministre a aussi assuré qu'il n'était "absolument pas question d'augmenter les frais d'inscription à l'université aujourd'hui dans notre pays", refusant tout "amalgame" avec la situation de Dauphine.

Plus compréhensif avec le grand établissement, le commissaire à l'Egalité des chances, Yazid Sabeg, a tenu à "souligner" la "gratuité pour les boursiers" et la "progressivité" des frais, "fonction des revenus".

A l'inverse, les syndicats enseignants et étudiants ont critiqué la décision de Dauphine. Il s'agit d'un choix de "rupture" dans l'histoire universitaire qui "va creuser les inégalités entre les étudiants et entre les formations", a jugé le Snesup-FSU, principal syndicat d'enseignants du supérieur.

La réforme va transformer Dauphine en "ghetto de riches", a commenté de son côté l'Unef, première organisation étudiante qui mène depuis de longues années un combat contre la hausse des frais d'inscriptions.

Tout en critiquant le "dogmatisme de l'Unef", le Mouvement des étudiants (Mét), classé à droite, a lui évoqué "la solution de facilité de prendre dans la poche des étudiants", en réclamant à Dauphine de créer des bourses au mérite parallèlement à sa politique de diversification des sources de financement.