Le Français Gaël Monfils lors de la finale du tournoi de Paris-Bercy, le 15 novembre 2009

Un peu tendu pour sa première finale d'un Masters 1000, le Français de 23 ans a d'abord été copieusement dominé par un Djokovic sur un nuage, comme la veille lorsqu'il avait donné la leçon à Rafael Nadal (6-2, 6-3).

Sous les yeux de ses parents et de ses amis, Monfils a eu une superbe réaction d'orgueil alors qu'il était mené 6-2, 3-0. A tel point que le match a failli tourner définitivement, le Serbe semblant perdre ses repères (19 fautes dans le seul deuxième set) dans une ambiance de plus en plus survoltée.

Le Parisien a encore trouvé les moyens de recoller deux fois au score dans la dernière manche alors que le Serbe avait breaké, mais il n'a pas su conclure, peut-être faute d'expérience dans ce genre d'événement. Le tie-break final s'est conclu sur une très frustrante double-faute.

"Je suis déçu car je suis un compétiteur. Peu importe le match, le retour, je n'ai pas été présent au tie-break du troisième set", a-t-il commenté.

Monfils a eu beaucoup de mérite d'y croire encore au bout d'une heure de jeu, car son adversaire jouait un tennis de rêve, récitant tout le répertoire du tennis de fond de court: accélération des deux côtés, lobs, amorties...

"Je me suis dit que le mec était un cyborg. Même à Virtua Tennis ils ne jouent pas aussi bien", a-t-il expliqué.

Même s'il était visiblement abattu après la défaite, Monfils ne devrait pas mettre longtemps pour apprécier son parcours à sa juste valeur. Alors qu'il se disait lui-même à court d'énergie en début de semaine, il a signé sa plus belle performance dans un tournoi de ce niveau, lui qui n'a pour l'instant que deux titres mineurs à son palmarès (Sopot en Pologne en 2005 et Metz il y a un mois et demi).

"La Monf" a aussi fait grimper sa cote d'amour dans le public. Car s'il n'est peut-être pas le joueur le plus doué techniquement du circuit, ce "showman" n'a pas son pareil pour chauffer la foule avec les sauts, les glissades et les plongeons que lui permettent ses spectaculaires qualités athlétiques.

Grâce à sa belle semaine parisienne, Monfils va remonter à la treizième place mondiale (il a été 9e en mars), tout près de Jo-Wilfried Tsonga, à qui il essayait de succéder au palmarès de Bercy.

Djokovic, vainqueur de son deuxième tournoi d'affilée après avoir battu Roger Federer chez lui en finale de Bâle dimanche dernier, a engrangé son cinquième titre de l'année, mais surtout son premier en Masters 1000. Il avait perdu ses quatre premières finales de la saison à ce niveau-là à Miami, Monte Carlo, Rome et Cincinnati.

Le Serbe va se présenter en favori à Londres, du 22 au 29 novembre, pour défendre son titre au Masters. S'il arrive à récupérer de ses efforts.