Dégâts provoqués par le tsunami à Pago (Samoa), le 29 septembre 2009

Un puissant tremblement de terre de magnitude 8 suivi d'un tsunami a frappé mardi l'archipel des Samoa, dans le Pacifique sud, faisant au moins 113 morts dans la région où de nombreux villages côtiers et des hôtels pour touristes ont été dévastés.

Un puissant tremblement de terre de magnitude 8 suivi d'un tsunami a frappé mardi l'archipel des Samoa, dans le Pacifique sud, faisant au moins 113 morts dans la région où de nombreux villages côtiers et des hôtels pour touristes ont été dévastés.

Des murs d'eau de près de huit mètres se sont abattus sur l'archipel composé de l'Etat indépendant des Samoa, où 84 personnes ont péri, et des Samoa américaines (22 morts). Le tsunami a également frappé l'archipel voisin des Tonga où sept personnes sont mortes.

Aux Samoa, des témoins ont indiqué avoir vu des "camions pleins de cadavres", faisant craindre un bilan bien plus lourd.

Mercredi, un nouveau séisme de très forte magnitude (7,9) localisé dans l'Océan indien cette fois, a secoué l'île indonésienne de Sumatra, détruisant des bâtiments, dont des immeubles dans la grande ville de Padang.

Le séisme de mardi, de magnitude 8 selon l'institut géophysique américain (USGS), a surpris tôt le matin habitants des îles et touristes étrangers. Il s'est produit à 06H48 locales (17H48 GMT) et son épicentre a été localisé à environ 200 km au sud-ouest d'Apia, la capitale des Samoa.

La secousse a été suivie d'un tsunami une vingtaine de minutes plus tard.

Des témoins ont raconté avoir vu des murs d'eau déferler et balayer villages et hôtels dans les Samoa.

"Des vagues immenses sont arrivées et on a couru vers notre véhicule. On essayait d'ouvrir la porte, les vagues arrivaient. Finalement, la porte s'est ouverte mais l'eau a déferlé sur nous", a raconté une touriste étrangère qui a fui son bungalow sur la plage.

Des vacanciers Néo-zélandais de retour de la zone la plus frappée par le tsunami, au sud d'Upuolo, où se trouvent plusieurs villages et hôtels, ont décrit des scènes morbides. "Nous avons vu des camions ramenant les cadavres" dans la ville, a déclaré l'un d'eux, Fotu Becerra.

Selon un journaliste local, Jona Tuiletufuga, "des villages entiers ont été dévastés. Nous avons des informations faisant état de disparus dans les zones les plus touchées, sur la côte sud et sud-est".

Le président américain Barack Obama a déclaré l'état de catastrophe aux Samoa américaines et promis une réponse "rapide et agressive", en exprimant sa "compassion la plus profonde" envers les familles des victimes.

Le Premier ministre des Samoa, une archipel de 219.000 habitants, Tuilaepa Sailele Malielegaoi, s'est quant à lui déclaré "totalement bouleversé".

"Le bilan va probablement s'alourdir", a redouté Talutala Mauala, secrétaire général de la Croix Rouge.

Le système de surveillance des tsunamis dans le Pacifique a envoyé une alerte immédiate après le séisme, mais la proximité des îles avec l'épicentre peut avoir augmenté le nombre de victimes, a déclaré un représentant de l'Unesco.

L'archipel des Samoa américaines (65.000 habitants) a été "dévasté", a assuré le délégué des Samoa au Congrès américain.

Le séisme "a provoqué un raz-de-marée de 4,5 mètres de haut. Certaines zones sont tout juste au-dessus du niveau de la mer, vous pouvez donc imaginer la dévastation", a dit Eni Faleomavaega par téléphone à l'AFP.

Deux Australiens, dont une fillette de 6 ans, figurent au nombres des tués. Deux Sud-Coréens ont été tués et un troisième est porté disparu. La Nouvelle-Zélande a également indiqué qu'un de ses ressortissants pourrait avoir péri.

Enfin un jeune Britannique est "présumé mort", selon le ministère des Affaires étrangères à Londres.

L'Union européenne s'est déclarée prête à prêter main forte aux victimes et a débloqué une première aide d'urgence de 150.000 euros.

Cette aide sera versée à la Croix Rouge internationale et pourrait être utilisée pour de l'aide médicale, l'approvisionnement en eau et des abris d'urgence.