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Mise à jour : jeudi 21 juin 2012 13:49 | Par zegreenweb, zegreenweb

Rio+20, les dirigeants ont du pain sur la planche



Rio+20, les dirigeants ont du pain sur la planche

Présent au sommet Rio+20, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui plaide ouvertement pour une transition rapide vers l'économie verte, a de fortes chances de déchanter...

Arrivés hier, quelques heures après l'adoption d'une déclaration finale que les Européens et les ONG ont jugé de concert inadaptée aux enjeux, les quatre-vingt-six chef d'État ou de gouvernement n'ont pas le « droit » de se louper.

Signé après de longues heures de discussions, ce qui est devenu une habitude dès lors que la communauté internationale aborde des questions de fond relatives à la protection de l'environnement, ledit texte valide le concept d'« économie verte », loin de faire l'unanimité auprès des associations (certaines considèrent en effet que la nature ne saurait se voir attribuer des valeurs financières), « renforce la gouvernance mondiale de l'environnement et lance le principe d'"objectifs du développement durable" », ont résumé nos confrères de l'AFP. Si l'on en croit le directeur général du WWF Jim Leape, il serait cependant émaillé de « formules creuses » et « alambiquées », rappelant ce faisant les accords conclus lors des conférences sur le climat de Cancun (Mexique) et de Durban (Afrique du Sud) en 2010 et l'an passé - celle de Copenhague (Danemark), particulièrement indigente, demeurant quant à elle un cas d'école d'irresponsabilité écologique partagée.

Fraîchement réélu, Vladimir Poutine n'a pas souhaité rallier la métropole carioca tout comme, on l'a vu, Angela Merkel, James Cameron et Barack Obama, qui ont estimé qu'ils avaient mieux à faire. Des absences que n'a pas manqué de critiquer la présidente du Costa Rica [par ailleurs pays de la Secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) Christiana Figueres] Laura Chinchella, laquelle a par ailleurs demandé que la crise n'empêche pas de mettre un terme définitif à « un style suicidaire de progrès ».

Alors que dans les rues de Rio de Janeiro (Brésil), une centaine de milliers de manifestants défilait pacifiquement pour exiger une transformation en profondeur du système, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui certes ne faisait déjà plus mystère de son adhésion à l'idée d'un déploiement mondial de l'économie verte depuis de longs mois, a réaffirmé de son côté que « le vieux modèle de développement économique et de progrès social ne marche plus ». « Rio+20 nous donne une chance unique de corriger les choses, de créer un nouveau modèle pour un nouveau chemin qui concilie les impératifs d'une croissance forte et du développement économique avec les dimensions sociales et environnementales d'une prospérité durable. Maintenant, il est temps d'agir. Ne laissons pas nos enfants et petits-enfants convoquer un "Rio+40" ou un "Rio+60" », a-t-il solennellement ajouté, cité par l'Agence.

La lutte mondiale pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre semble tourner à la débandade

Présidente du Brésil, pays-hôte de Rio+20, Dilma Rousseff a elle aussi espéré que ses homologues feront preuve d'audace, montreront « du courage » et « (assumeront leurs) responsabilités ». « Nous sommes ici parce que le monde réclame du changement », a-t-elle résumé. Prêche-t-elle dans le désert, sachant que son pays est tout sauf un élève exemplaire en matière de respect de l'environnement (comme en témoignent notamment l'aggravation de la déforestation, les généreuses subventions accordées aux producteurs d'agrocarburants, qui y contribuent fortement, et le démarrage de la construction du barrage de Belo Monte), ce que certains pourraient être tentés de lui rappeler ? Le Brésil peut-il susciter des avancées enfin probantes alors que les degrés d'ambitions varient considérablement entre les pays en matière de préservation de la biodiversité et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et que tous ne souhaitent pas, par exemple, la création d'une organisation mondiale de l'environnement ?

Si d'aventure le texte précité devait être adopté en l'état ou même à quelques nuances près, il s'agirait bien de l'« échec épique » évoqué par Greenpeace. Mme Rousseff et ses pairs le savent, c'est pourquoi certains pays voudront sans doute tirer les négociations vers le haut. C'est déjà le cas des Maldives, archipel gravement menacé par la montée des eaux, principal corollaire du changement climatique, qui par la voix de son nouveau président Mohamed Waheed a officialisé sa volonté de devenir d'ici 2017 « le premier pays à devenir une réserve marine » et « la plus grande du monde ».

À contre-courant des communiqués (très) pessimistes des ONG de protection de l'environnement, François Hollande, arrivé en provenance du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique), a pour sa part défendu le projet de déclaration finale, qui correspondrait à « des avancées réelles : une feuille de route pour les objectifs de développement durable, des engagements réels pour renforcer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), des règles nouvelles pour la protection des océans, un début de mobilisation sur l'économie verte et l'affirmation, plus forte que précédemment, de la nécessité de lutter contre la pauvreté ». « Une nouvelle fois, nous n’avons pas été capables de créer cette agence spécialisée pour le développement », a-t-il néanmoins concédé, cité par 20 Minutes.

Il y avait matière à en déplorer bien davantage, du statu quo sur les financements innovants à l'absence d'engagements chiffrés en passant par l'indifférence des grandes puissances. Sans doute l'Union Européenne (UE) n'a-t-elle jamais été aussi seule sur ce terrain, ce qui n'est pas rien.

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