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Mise à jour : mardi 20 novembre 2012 18:54 | Par zegreenweb, zegreenweb

Le café le plus cher du monde menace la biodiversité



Le café le plus cher du monde menace la biodiversité

Les associations de protection de l'environnement et des animaux s'émeuvent des traitements infligés aux civettes asiatiques.

Il est produit à partir de civettes asiatiques (ou espèces apparentées) qui vivent dans des conditions dramatiques.

C'est le café le plus onéreux du monde et le moins que l'on puisse dire est que son processus de fabrication n'est pas ragoutant. Le « Kopi Luwak » est en effet récolté à partir... d'excréments du luwak, une civette palmiste asiatique qui consomme les cerises du caféier, digère leur pulpe, mais pas les noyaux, lesquels se retrouvent dans ses matières fécales.

Constitués d'enzymes qui divisent les chaînes de protéines en chaînes plus petites voire en acides aminés individuels, les sucs gastriques présents dans le tube digestif de l'espèce engendrent une transformation bénéfique de l'arôme des grains du café. D'où un breuvage produit essentiellement dans les grandes îles de l'Indonésie (Bali, Java, Sumatra), dans le Timor oriental et aux Philippines très prisé des connaisseurs. « Il n'a aucune acidité, il a du corps et son goût est complexe […], épicé et fruité à la fois », décrypte Jude Mancuya, fin connaisseur, interrogé en octobre dernier par nos confrères de l'AFP.

Les associations de protection de l'environnement et des animaux s'offusquent cependant du traitement infligé aux civettes, dont la plupart – 80 % aux Philippines si l'on en croit Vie Reyes, un négociant qui dit avoir découvert le café de civette en travaillant sur un projet pour sauver le palmier à sucre, dont la sève est l'autre pilier du régime alimentaire de l'espèce – vivent désormais en captivité. Leur nombre ne cesse en outre d'augmenter, ce « café miracle » étant de plus en plus apprécié aux États-Unis et sur le Vieux Continent.

« Une spirale hors de contrôle »

La rédaction du Guardian, elle, s'est rendue dans un café à Medan, sur l'île indonésienne de Sumatra, où elle a notamment observé qu'une civette femelle a été enfermée dans une cage à l'étroit, à l'arrière de l'établissement. Ses deux petits ont pour leur part été séparés de leur mère et vivent eux aussi dans un minuscule enclos.

Un traitement de défaveur qui serait devenu la « norme » selon les ONG, d'après lesquelles des dizaines de milliers de civettes vivraient confinées dans de toutes petites cages et seraient astreintes à une hygiène de vie aussi draconienne que destructrice. Elles soulignent également que les animaux apparentés aux civettes palmistes comme le binturong sont parfois des espèces menacées d'extinction.

Un double « attentat » commis contre la biodiversité et que Chris Shepherd, directeur général adjoint de l'association Traffic en Asie du Sud-Est, compare au sort des poulets de batteries. « Les conditions sont terribles. Les civettes sont prélevées dans la nature, se battent pour rester ensemble, mais on ne leur fait aucun cadeau. C'est une spirale hors de contrôle, mais il n'y a pas beaucoup de sensibilisation du public », déplore-t-il, interrogé par le quotidien britannique. Tout porte malheureusement à croire que leur triste sort ne s'améliorera pas de sitôt. Surtout si la demande continue d'augmenter.

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