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Mise à jour : lundi 30 juillet 2012 12:28 | Par zegreenweb, zegreenweb

Au Japon, les anti-nucléaire restent déterminés



Au Japon, les anti-nucléaire restent déterminés

Des dizaines de milliers de personnes se réunissent chaque semaine au Japon pour manifester leur opposition à la reprise du programme nucléaire. Seize mois après, Fukushima reste une plaie béante.

Le redémarrage des réacteurs numéros trois et quatre de la centrale d'Ohi n'est pas du goût de tout le monde.

En la circonstance, le gouvernement de Yoshihiko Noda ne s'est pas fait que des amis, très loin de là. Si la prochaine stratégie énergétique nationale, qui sera dévoilée dans les semaines à venir, devrait accorder une place de choix aux énergies renouvelables, on ignore encore le sort qui sera réservé au nucléaire. Il reste que près de deux mois après la remise en service des turbines précitées, un renouveau atomique partiel n'est pas à exclure.

Sans précédent depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) un quart de siècle plus tôt, l'accident de la centrale de Fukushima-Daiichi demeure dans toutes les mémoires - comme en avait déjà témoigné les impressionnants efforts déployés l'été et l'hiver derniers par la population, notamment dans les grandes villes, tandis que les centrales atomiques étaient toutes à l'arrêt, afin d'éviter des blackout à répétition. Surtout, un voire des « Fukushima bis » ne sont pas à exclure, vu l'exposition du Japon aux séismes et à un risque de nouveau tsunami de grande ampleur, ainsi que l'insuffisance des mesures de sécurité en vigueur pour protéger les unités nucléaires du pays.

Inquiétant, le constat a été émis par des experts auteurs d'un rapport commandé par le gouvernement, évoqué la semaine dernière dans ces colonnes et que les « anti-atome » nippons ne devraient pas se priver d'exploiter pour étayer leur thèse. D'autant que les spécialistes ont considéré que les réacteurs trois et quatre de la centrale d'Ohi  ne répondent pas à des critères de sécurité prévenant des catastrophes naturelles futures, critères pourtant réclamés par le gouvernement en avril dernier. Plus généralement, les normes de sûreté nucléaire recommandée par l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) seraient insuffisamment prises en compte.

M. Noda et ses troupes ont beau avoir multiplié les déclarations rassurantes, il est logique, dans ces conditions, que la mobilisation contre la reprise du programme atomique japonais ne faiblisse pas. Au contraire.

« On ne sait toujours pas se débarrasser des déchets »

Ainsi le Parlement a-t-il été symboliquement cerné pendant une heure hier par de nombreux manifestants (de dix mille à vingt mille selon la police, deux cent mille selon les organisateurs) lors d'un rassemblement qui n'a pris fin qu'au milieu de la nuit (heure locale). « Tout au long du cortège, on pouvait entendre des slogans: "Arrêtons l'énergie nucléaire",  "Non au redémarrage des réacteurs" ou encore "Protégeons les enfants !" », relatent nos confrères du Figaro.

Et de citer l'un des protestataires, Hiroshi Sakurai, un peintre sexagénaire convaincu qu'après Fukushima, « c'est de l'arrogance que de croire que nous pouvons contrôler l'énergie nucléaire ». Également interrogé par le quotidien, Naoki Fujita, un architecte d'une cinquantaine d'années, souligne quant à lui qu' « on ne sait toujours pas se débarrasser des déchets ». « Et puis tout ce qui touche au nucléaire est toujours anti-démocratique », a-t-il renchéri.

Réputée pour sa discipline, la population japonaise n'en est pas moins très largement réticente à l'idée d'un redémarrage de réacteurs atomiques, quels qu'ils soient. Rappelons que le pays en compte cinquante-quatre et qu'en dehors de celles de la centrale d'Ohi, toutes les turbines sont aujourd'hui arrêtées, pour maintenance ou parce que des tests d'évaluation sont encore en cours.

Les manifestations hostiles rassemblent par ailleurs plusieurs milliers de personnes chaque semaine. Ancien chef du gouvernement, Yukio Hatoyama a récemment pris part à l'une d'entre elles. Le mouvement politique Greens Japan, lui, a été officiellement lancé ce week-end et projette de présenter des candidats lors des prochaines élections législatives. De quoi inciter M. Noda à réviser ses orientations énergétiques ?

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