S'exprimant devant la Société des assureurs d'Edimbourg, avant le dîner de travail des ministres, M. Darling a appelé fermement à la "coopération internationale" sur ces deux sujets.

Il a remarqué que ce n'est "qu'en échappant aux vieilles idées selon laquelle les marchés parviendront toujours à s'auto-corriger" qu'on avait évité que la récession tourne à la dépression.

"S'il était besoin de faire la preuve de la manière dont les gouvernements peuvent faire la différence, il n'y a qu'a regarder ce qui s'est passé au cours des deux dernières années", a-t-il dit, en soulignant "les conséquences désastreuses" du manque de coopération dans les années 30.

En matière de financement de la lutte contre le changement climatique, le ministre a reconnu "qu'on ne parviendrait pas du jour au lendemain à un complet consensus". "La route sera difficile, il y aura des disputes à surmonter, mais ce n'est pas une raison pour abandonner, mais au contraire, pour redoubler d'efforts", a-t-il dit.

On "peut commencer à bâtir ce consensus en reconnaissant que notre intérêt commun n'est pas forcément contre l'intérêt de chacun", a-t-il dit.

Il a noté que l'Union européenne avait évalué à 100 milliards d'euros l'aide annuelle à apporter aux pays pauvres dans ce cadre, et qu'elle s'était engagée à payer sa part, mais "il faut que les autres nous rejoignent, que le G20 pousse à un accord sur le financement du changement climatique et sa gouvernance, c'est une part essentielle de la lutte", a-t-il assuré.

A destination de la Chine notamment, il a noté que 75% des émissions de CO2 dans le passé venaient des pays développés, mais que les pays en développement seront responsables de 90% des émissions à venir".

Alors que le G20 veut désormais construire "un cadre" de travail commun pour assurer une croissance forte et durable dans tous les pays, M. Darling a noté "l'excessive dépendance" passée aux dépenses de consommation ou aux exportations. "A un moment, un tiers des dépenses mondiales venaient du consommateur nord-américain, ce n'était pas soutenable", a-t-il observé.

Dans une interview à Bloomberg Television vendredi, le ministre a craint la possible constitution de bulles. Il a indiqué qu'il fallait "s'assurer de ne pas se mettre dans une situation où des pressions commencent à monter, deviennent de plus en plus fortes, et, quand cela se termine, les conséquences sont catastrophiques".

Il a appelé aussi à "ne pas sortir des plans de relance avant que la reprise soit solide". "Nous avons montré ce que nous pouvions faire dans une crise, montrons maintenant ce que nous pouvons faire pour assurer les emplois du futur", a-t-il conclu.

Dans une interview à quatre journaux européens vendredi, M. Darling a estimé qu'il ne fallait pas pour autant "créer un nouveau système de gouvernance mondiale". Pour lui, "il suffit de conserver l'esprit de coopération actuelle, d'apprendre les uns des autres, et ça permettra de faire une énorme différence".