La synthèse de tous les résultats du sondage
La connaissance générale du virus du sida, de ses caractéristiques et modes de transmission
L’étude menée par l’Ifop pour MSN et Sidaction auprès des jeunes de 15 à 24 ans met en premier lieu en évidence un comportement majoritairement craintif et responsable à l’égard du virus du sida.
Tout d’abord 81% des jeunes interrogés affirment que le sida leur fait peur (dont 40% répondant « tout à fait »). Ensuite, montrant un niveau de connaissance des enjeux et des risques liés à l’épidémie, ils rejettent à 95% l’affirmation selon laquelle en observant attentivement une personne, on peut savoir si elle a le sida, nient pour 87% d’entre eux qu’il existe des médicaments pour guérir du sida, réfutent pour 78% qu’ils ont moins de risques que les autres d’être contaminés, et enfin s’opposent à 75% à l’idée qu’il y a moins de contaminations en France chez les 15-24 ans, à 78%.
Ce bon niveau général de connaissances au sujet du virus du sida s’exprime de manière particulièrement marquante dans l’intensité des jugements exprimés, puisque, pour ce qui est de la possibilité de savoir si une personne est atteinte par le virus en l’observant, 78% des interviewés se disent « pas du tout d’accord ». Ce résultat est également élevé pour les propositions « il existe des médicaments pour guérir du sida » (58%) et « j’ai moins de risques que les autres d’être contaminé par le virus du sida » (57%).
Les perceptions fluctuent principalement en fonction de différents critères :
- le sexe : les filles, si elles ont plus peur du virus (83% contre 78%) montrent une meilleure connaissance des caractéristiques de l’épidémie et s’opposent plus fortement aux autres propositions,
- la fréquence d’utilisation du préservatif lors de rapports sexuels : la crainte du sida est plus élevée chez les jeunes utilisant systématiquement un préservatif (82%, contre 71% chez ceux en utilisant occasionnellement ou jamais), et ceux-ci s’opposent également plus fortement aux idées reçues sur le virus : 33% de « pas du tout d’accord » en ce qui concerne la baisse du nombre de contamination en France auprès des 15-24 ans, 61% sur le risque personnel limité de contamination, 63% sur l’existence de médicaments pour guérir de la maladie et 83% pour la possibilité de remarquer en l’observant une personne atteinte du sida,
- l’orientation sexuelle des répondants : les homo- et bisexuels ont davantage peur du sida (92% contre 80% des hétérosexuels) tout en ayant un meilleur niveau d’information sur le virus. Un seul élément détonne : une part légèrement plus importante d’entre eux estime que l’on peut savoir si une personne a le sida en l’observant attentivement.
Malgré ces jugements qui rassurent sur les connaissances de base relatives au virus, le niveau d’information sur d’autres sujets ayant trait au sida montre que les jeunes interrogés n’ont pas un savoir complet et n’intègrent pas nécessairement l’ensemble des éléments permettant d’appréhender correctement les risques liés à l’épidémie.
Ainsi seuls 61% d’entre eux se sentent bien informés sur les lieux où aller se faire dépister pour savoir si on a le virus du sida. Une minorité (46%) déclare connaître l’existence d’un traitement d’urgence si on a pris un risque, 44% pour ce qui concerne la vente de préservatifs féminins et 18% sur l’échec pour certaines personnes des traitements anti-rétroviraux. On peut particulièrement s’inquiéter du faible niveau de personnes se disant très bien informées sur ces sujets. Ces niveaux d’information font émerger une différence intéressante suivant que les personnes interrogées se disent hétérosexuelles ou homo/bisexuelles. Ces dernières se déclarent ainsi systématiquement plus informées que les hétérosexuels, que ce soit sur les lieux de dépistages (75% contre 60%), l’existence d’un traitement d’urgence (56% contre 44%), la vente de préservatifs féminins (59% contre 43%) et l’échec des traitements anti-rétroviraux (26% contre 15%).
Etonnamment, on ne mesure pas de progression du niveau d’information avec l’âge, à l’exception de la connaissance des lieux où aller se faire dépister (63% de bonne information chez les 21-24 ans contre 56% chez les 15-18 ans). De même, le clivage sexuel relevé dans les résultats de la première question n’apparaît plus opérant.
Notons en revanche que l’origine sociale des répondants impacte leur niveau d’information. C’est en effet quasi systématiquement parmi les enfants de cadres et professions libérales que l’on observe les meilleurs niveaux d’information.
Lorsqu’on leur propose différentes affirmations sur le sida, les jeunes de 15 à 24 ans semblent majoritairement connaître les pièges à éviter. Ainsi la quasi totalité d’entre eux connaît les risques d’attraper le virus en pratiquant la sodomie uniquement, sans préservatif (pour 95% d’entre eux), en n’utilisant pas de préservatifs même s’ils restent fidèles à chacun de leurs partenaires (92%), également si le garçon se retire avant d’éjaculer (90%), si la fille prend une pilule contraceptive (88%). 72% considèrent que s’ils choisissent correctement leurs partenaires, ils ne prennent pas de risques. C’est sur cette dimension de la stratégie de prévention que l’opinion des jeunes apparaît la moins constituée ce qui peut s’expliquer par la multitude de croyances et d’idées reçues intervenant lors de la rencontre avec le partenaire : en effet qu’il s’agisse de l’apparence physique ou même de l’origine sociale du partenaire, nombreux sont les déterminants qui peuvent orienter les comportements des jeunes dans leur stratégie de prévention. A l’inverse, 80% d’entre eux affirment qu’en utilisant systématiquement un préservatif ils n’ont jamais de risques d’attraper le virus.
On peut noter que les personnes affirmant être homo- ou bisexuelles se montrent largement moins confiantes que les hétérosexuels en ce qui concerne la sécurité du préservatif (65%). La fréquence d’utilisation des préservatifs influence fortement la connaissance et la méfiance à l’égard des idées reçues : plus les personnes interrogées ont l’habitude d’utiliser des préservatifs, mieux elles différencient le vrai du faux : 21% des utilisateurs systématiques ne croient pas se protéger en choisissant correctement leurs partenaires, 10% lorsque la fille prend une pilule contraceptive, 7% si le garçon se retire avant l’éjaculation et 5% s’ils sont fidèles à chacun de leurs partenaires.
S’ils sont majoritairement incrédules face aux idées reçues sur le sida, les jeunes interrogées se montrent également plutôt bien informés des différents modes de transmission de la maladie. 99% affirment que la transmission du virus peut avoir lieu lors d’un rapport sexuel non protégé, 97% en utilisant une seringue usagée. Deux modes de transmission sont légèrement moins connus, mais identifiés par la majorité de la population interrogée : la pratique de la fellation (75%) et du cunnilingus (69%). Une lacune majeure dans la connaissance des modes de transmission surprend quelque peu : seuls 40% des jeunes savent que l’allaitement peut également être un mode de transmission de la maladie.
Autre signe d’un certain flottement dans les connaissances des jeunes, parmi les comportements qui ne comportent aucun risque de transmission, si se serrer la main et s’asseoir sur la cuvette des toilettes sont considérés comme dangereux par moins d’une personnes sur dix (respectivement 3% et 9%), le fait de s’embrasser (13%) et surtout de se faire piquer par un insecte (27%) inquiètent une proportion non négligeable de jeunes. On retrouve ici un meilleur niveau de connaissance des risques encourus dans diverses situations chez les filles et les personnes ayant l’habitude de se protéger lors de rapports sexuels, mais également chez les habitants de l’agglomération parisienne, à l’exception du risque de transmission par les insectes. Remarquons également que les populations homo- et bisexuelles, si elles semblaient sur d’autres questions mieux évaluer les dangers existants, montrent sur cette question une connaissance légèrement plus vague de certains modes de transmission (92% d’entre eux savent que le virus peut se transmettre lors d’une relation sexuelle non protégée, 90% en utilisant une seringue usagée, soit des scores inférieurs à la moyenne). Et 20% d’entre eux pensent que le virus se transmet en s’embrassant, 7% en serrant la main. Ils sont à l’inverse plus au fait de la transmission liée aux pratiques sexuelles : 84% d’entre eux connaissent les dangers de la fellation et 79% du cunnilingus.
L'utilisation du préservatif
Seules 29% des personnes interrogées affirment avoir effectué un test de dépistage depuis trois ans. Parmi ceux-ci 7% affirment avoir effectué plusieurs tests. A contrario, 71% des jeunes n’ont pas fait de test au cours des trois dernières années.
Cette question comportementale fait émerger de fortes disparités au sein des jeunes de 15 à 24 ans. Les filles (32%), les 21-24 ans (46%), les chômeurs et inactifs (54%) et les homo-et bisexuels (53%) sont les plus nombreux à avoir déjà fait des tests de dépistage. Chez les homo- et bisexuels, 53% en ont déjà fait et 24% affirment avoir même effectué plusieurs tests ces trois dernières années. Les catégories de la population au sein desquels il y a la plus forte proportion de personnes n’ayant pas réalisé de tests sont les 15-18 ans (89%), les lycéens et les étudiants (78%), les habitants de la région Nord-Est (85%) et sans surprise les personnes n’ayant pas eu de relations sexuelles (95%).
Au moins 19% des jeunes prennent des risques en déclarant ne pas utiliser systématiquement de préservatifs avec un nouveau partenaire. Il est vrai que seuls respectivement 4% et 3% affirment en utiliser occasionnellement ou jamais. 59% des 15-24 ans interrogés affirment en utiliser systématiquement et 12% affirment en utiliser le plus souvent. On peut noter que, parmi les 15-24 ans, 22% affirment ne pas avoir de relations sexuelles.
Parmi les nombreuses raisons évoquées par les personnes ne mettant pas systématiquement de préservatifs lors de rapports sexuels, aucune n’émerge véritablement. On peut cependant que quatre d’entre elles se détachent légèrement : le fait de faire confiance à son partenaire (cité par 17% des répondants), de ne pas avoir de préservatif avec soi au moment où il est nécessaire (16%), la baisse d’excitation provoquée par la mise du préservatif (15%) et le caractère désagréable de celui-ci (12%).

